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Encres - Silvaine Arabo
vendredi 23 mars 2012 par Jean-Paul Gavard-Perret

ABSORPTIONS

Silvaine Arabo, "Encres (2005-2011)", Editions de l’Atlantique, coll. Poséidon, 152 pages, 20 Euros.

L’encre est une chair. Le support la mange de manière avide. Ou pas.. Silvaine Arabo y induit parfois d’étranges corps dans l’abandon programmé, l’absence (apparente) de toute maîtrise. Mais il ne faut pas se tromper : tout part de très loin, le résultat est - sinon prévu - du moins envisagé afin d’entrer dans la nuit de l’être et les affres du monde.

Faisant siens les mots d’un vieux chant cajun l’artiste "dit" : "See the world never seen, never known". Cela ressemble à d’étranges sémaphores. L’encre devient une technique sans technique. Son liquide embue les figures du dehors, en consume le vernis jusqu’à la transparence. Elle reflète le monde à l’envers par les taches. Dans l’apparent abandon qu’on ne peut totalement, elles deviennent autant de no man’s land.

La matière diluée le traverse pour faire renaître d’autres présences. Elle découpe le lieu vide de l’être. Il peut y retrouver l’altérité d’un regard sans défense. L’ombre avale l’ombre, la creuse afin que tout reste à « écrire ».

Par ce qui s’étend l’âme liquide se déploie dans une forme d’abstraction, de nudité sur lequel le regard s’arrête. L’angoisse émerge mais trouve des repères. L’encre est donc par excellence la taiseuse, l’intruse qui sait que les mots ne résolvent rien. Elle montre leur envers et en scanne la pénombre.

Un hiatus s’est ouvert. Le corps de l’image est comme séparé de lui-même. Il devient un pont suspendu au-dessus du vide, une expiration imperceptible. L’être se perd là où l’encre se précipite Ellipses et laps. Des choses au fond de la tête remontent et peuplent inconsciemment les "tissus" blancs en un abîme. Imaginer. Imaginer encore, à partir de là. Pour croire, croire entrevoir le jour, ivre de son entaille.

L’encre est un voyage. Silvaine Arabo permet d’y repérer les paysages les plus insondables, les plus retirés. Ses œuvres deviennent des bouées de corps mort secouées par ses vagues de noir ou d’autres couleurs parfois. Le monde surgit tel lieu du songe où toutes les âmes ayant perdu leur blondeur d’épi sont grises comme des chats la nuit.



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