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Post Gods - David Michael Clarke
mercredi 18 avril 2012 par Jean-Paul Gavard-Perret

LA TRANGRESSION DES CODES
Post Gods, Eponyme, 2012, label Optical Sound, Strasbourg, Ollioules, Paris..

Le Carré Contemporain du Malicorne Espace Faïence (musée de la faïence et de la céramique) a entamé sa programmation 2012 en accueillant DMC alias David Michael Clarke. Connu d’abord sur la scène artistique de Glasgow et installé désormais en France l’artiste s’intéresse à tous les médiums artistiques. Après avoir présenté ses performances vidéographiques, photographiques il a offert un concert de son groupe ovniesque au Wharf Centre d’Art contemporain de Basse Normandie.
L’opus est un véritable concept album. Il contient 6 titres (accompagnés de bonus) écrits par l’artiste mais aussi par Sylvain Beorchia, Emmanuel Hubaut et l’imprononçable Cdrc Lchrz. Pour sa réalisation en studio, le dernier membre a quitté le groupe. L’élément rythmique (drums) a donc disparu. Et l’album a glissé du rock post-punk vers un univers beaucoup plus marqué d’électro sombre si bien que les morceaux - du moins certains d’entre eux - ne sont pas sans rappeler les derniers essais de Massive Attack ou de Animal Collective.
DMC poursuit par ce concept-album son travail transversal. Il est aidé ici surtout par Emmanuel Hubaut connu sous le nom de Comte d’Eldorado dans Les Tétines Noires, de EHB dans LtNo et Emmanuelle 5 dans Dead Sexy Inc. Bassiste, guitariste et backing voice dans ce nouvel aréopage. Le musicien n’est pas pour rien dans les relents psychédéliques sombres de cette expérience sonore Trois titres sont des plus sophistiqués : « Some Gods », « Frederick Nietzsche » et « Sincerely Yours ». Ils possèdent une puissance des profondeurs abyssales tout à fait convaincante.

Le label Optical Sound prouve une nouvelle fois sa volonté expérimentale. « Post Gods » est dans la droite ligne de ses précédentes éditions : l’album d’EHB « fragment d’un discours amoureux » par exemple. Se retrouve la même tentative de liens entre différents arts. « Post Dogs » devient aujourd’hui un groupe sans doute éphémère et intempestif. Mais il possède la capacité d’ouvrir la musique électronique vers de nouveaux champs d’investigation tels qu’ils se développent assez rarement dans l’hexagone. C’est donc une curiosité esthétique à ne pas rater.
L’univers reste totalement poétique et un brin mélancolique avec çà et là des accents paradoxalement acidulés inattendus. "Post gods" déplace la musique vers quelque chose d’aérien relevé d’orchestrations simples, discrètes mais subtiles afin que l’album garde - ce qui fait sa force - une unité de ton assez magique. Il n’existe pas ici de réelle faiblesse. On aimerait trouver toutefois un titre-phare capable d’enlever et de porter l’ensemble mais ce n’est sans doute pas l’objectif du groupe.
Le label est donc une véritable fabrique de l’art en gestation. Il est un lieu rare de la création artistique du temps. Notons en particulier la production d’œuvres majeures de P. Nicolas Ledoux ("L’origine de l’art " ou " sculptures 2006), Gilbert et Georges, Pierre belouïn en tête d’affiche. "Optical Sound’ est donc un lieu important de l’art en gestation. Il fait la part belle à une approche expérimentale pour des artistes qui ne se peuvent se contenter de ce que les diverses académies des beaux-arts estiment obligatoire.

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