Emir Rodriguez Monegal
Jorge Luis Borges
Abdeljelil Ataffi
Jérôme Garcin
Fraj Ben Romdhane
Toni Morrison
Yves Clavaron
Lionel-Edouard Martin
Julia Deck
Noam Chomsky

19 ans !




Accueil > LITTERATURE > Los Angeles River - Michael Connelly

Los Angeles River - Michael Connelly
lundi 6 août 2012 par Ange Philippe

Pour imprimer


« Je crois savoir une seule chose en ce monde. Une seule mais certaine, c’est que jamais la vérité ne libère. »

Avant, il y avait Sir Arthur Conan Doyle et son héros Sherlock Holmes. Agatha Christie avec son détective Hercule Poirot lui a emboité le pas. Aujourd’hui, il y a Michaël Connelly et son magnifique Harry Bosch. Le temps passe, les cheveux poivre et sel se multiplient sur son crâne mais Hieronymus (son vrai prénom) Bosch semble se bonifier comme de l’excellent vin. Pour restituer le personnage de Bosch dans toute sa splendeur, je vous conseille de lire les égouts de Los Angeles. Vous y découvrirez l’inspecteur loyal, au sens moral profond, intuitif, acharné et serein. Un ancien soldat du Vietnam qui aime clairement avancer dans les ténèbres. Ça tombe bien car il aura à affronter un autre tueur sombre et vicieux, un espion de première qui préfère opérer en silence et dans les ténèbres : le poète. La légende de Connelly reprend du service pour y affronter le plus fameux héros de l’écrivain floridien.

Je pense ne rien vous apprendre si je vous informe que ce polar est une suite de plusieurs romans à succès de Connelly notamment le psychotique et sublime « Le poète ». Le défi de l’auteur était donc immense. Mais à défaut de recréer l’ambiance électrique et étouffante qui a contribué au plein succès de son chef-d’œuvre de 1997, Connelly a eu le mérite de créer un chassé-croisé insoutenable avec un suspense habituel. La force d’écriture de Connelly dans ce livre s’inscrit dans le travail d’innovation qu’a lancé cet écrivain depuis ses premiers romans. Ici, l’auteur présente divers points-de-vue, celui de Bosch, celui du poète, celui de la prochaine cible de Bosch et celui du FBI. Chasseurs et proie se croisent discrètement dans cette traque sur plusieurs plans. Et on apprécie le travail de l’auteur qui prend un malin plaisir à mettre en scène les personnages dans un jeu de chaises musicales effarant. Rachel Walling traque le poète… La belle affaire, elle est sa prochaine victime ! Et Bosch est d’une sensibilité inhabituelle, apparaissant peu armé mentalement face au redoutable tueur légendaire dont l’aura ébranle et nargue les flics les plus expérimentés. Bob Backus a sans doute eu le plus beau rôle : celui du personnage immonde mais fascinant. Backus effraie, il terrorise par ses filatures, il impressionne par sa capacité à toujours répondre présent dans son rôle de Grand Méchant Loup. Tel un loup, il rôde attendant patiemment le moindre relâchement pour frapper et ridiculiser le Corps de la Police. Backus est un tueur en série comme il y en a de plus en plus rarement : un savant mélange de subtilité (camouflage, déguisement, filature et préméditation parfaite) et d’explosivité (les meurtres d’Amsterdam, les corps dans le désert). Backus ne tue pas pour vivre, il vit pour tuer.

Je reste admiratif de la construction architecturale de l’histoire. Etage par étage, étape par étape, Bosch se rapproche de l’inévitable affrontement. De son côté, Backus ne fait rien pour contrer Bosch, il semble même le négliger et ne jamais le considérer à sa hauteur. Une attitude surprenante de la part d’un tueur réputé méticuleux qui n’a pas l’habitude de négliger ses plus redoutables ennemis. L’explication finale aura bien lieu dans des conditions apocalyptiques. Une illustration « poétique » de la part de Connelly qui montre ainsi sa vision de la confrontation entre le Bien et le Mal.

L’épilogue nous rappelle une pensée de Jack McEvoy dans Le poète : l’homme n’est qu’un être prétentieux et manipulateur au fond. A ce sujet, il est amusant de savoir que l’explication tant attendue entre le Héros et le tueur légendaire n’aurait jamais eu lieu sans une femme manipulatrice… En définitive, Los Angeles River est loin du rythme et de l’intensité du poète mais il nous offre un superbe moment d’évasion et conclut un mythe de la manière la plus logique possible.



Livres du même auteur
et autres lectures...

Copyright e-litterature.net
toute reproduction ne peut se faire sans l'autorisation de l'auteur de la Note ET lien avec Exigence: Littérature

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


©e-litterature.net - ACCUEIL