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L’inachevé de soi de Claude Ber

Rencontre de Claude Ber, poète, et de Pierre Dubrunquez, peintre, dans un ouvrage paru aux Editions de L’Amandier

mardi 21 août 2012 par Françoise Urban-Menninger

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Le Voir Dit est une nouvelle collection dirigée aux Editions de L’Amandier par Françoise Dax-Boyer et Laurent Citrinot. L’appellation "Le Voir Dit" résume ce voyage au coeur des images et des mots qui n’a de cesse de nous entraîner de cet autre côté où plongent les racines de l’invisible et de l’indicible.

Dans une lettre à Pierre Dubrunquez, Claude Ber lui confie :"Oui, nous sommes des modernes indissociables de cette plénitude perdue, dont tu parles et dont je parlais à propos de l’ode, ce chant, cette voix qui résonnait à l’origine dans l’accord avec le divin et la Cité et dont ne reste au poème que fragments brisés et épars".

Fragments brisés et épars...Mais d’autant plus précieux qu’ils nous échappent lorsqu’on croit enfin les appréhender. C’est dans ce "reste" qui hante les poèmes de Claude Ber que Pierre Dubrunquez va "fixer les vertiges" qui sont travail de "formulation" pour l’écrivain et de "figuration" pour le peintre.

Quand Claude Ber écrit :" Il n’y a pas de puits de langue où puiser parole qui désaltère" ou "le coeur des mots ne bat pas dans le nôtre", elle ouvre une brèche et dans le même temps la referme telle une plaie qui ne guérit jamais. On songe ici au livre de Claude Lorin "L’inachevé" qui évoque les figures de Bolk, de Luria et de Lapassade. Ce dernier dira de l’inachevé qu’il est "un vertige ancré dans la chair humaine". Définition que l’on peut reprendre pour aborder l’ouvrage de Claude Ber en ajoutant avec Claude Lorin que c’est Verlaine qui a le premier entrevu que c’est le "corâme" qui est irrémédiablement inachevé et de citer la préface des "Paysages tristes" où "le poète exprimait tout son corps et toute son âme".

Les toiles de Pierre Dubrunquez prolongent par l’image, les mots au-delà des mots et nous revient alors la voix de Claude Ber, de plus loin encore, nous annoncer :" Il n’y a pas de dieu à supplier. On ne dit pas l’avenir à ceux qui le feront. Le meilleur s’arrête en nous et y demeure".

Il faut lire Claude Ber car sa voix ne cesse de nous surprendre, de nous prendre par surprise dans les dédales oubliés ou perdus de notre langue. Cette voix nous prend et nous apprend, plus que tout autre, à remonter à la source de notre entité où nous savons depuis toujours comme le poète que "Vivre n’est accordé que par intermittence".

Françoise Urban-Menninger



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