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Belles saisons obscures de Gérard Bocholier

Recueil de poèmes paru aux Editions Arfuyen

mercredi 2 janvier 2013 par Françoise Urban-Menninger

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Dans ce recueil qui nous ouvre aux "Belles saisons obscures", chacun des titres des trois parties de l’ouvrage annonce une avancée en nous-mêmes qui n’est autre qu’un retour au coeur de ces ténèbres qui nous éclairent de l’intérieur. "Consentir la nuit", Jeunesse des morts" nous conduisent au bord du monde où nous devenons avec le poète "Le veilleur" "Plus seul que l’arbre au bord/ Du fleuve des ténèbres" mais "où "Toute la nuit a cherché à dire" ce que l’ " âme pressentait".

Toute la puissance du recueil de Gérard Bocholier tient dans ce cheminement du "texte déplié/ A même les ténèbres" où chaque mot surgi de l’ombre, paradoxalement, nous éclaire. Et le poète de nous inciter à poursuivre cette quête de l’invisible en nous conseillant presque en aparté :
"Consentir à la nuit/ Puisqu’elle est de l’obscur/ Ensemencé de jour".

Des images fortes et lumineuses couvent et naissent ainsi sous les cendres blanches du silence pour jaillir dans la pleine clarté du poème :
"Vigile de feu sous l’hiver", "Des murailles bouchaient le ciel/ Tendues de longs pans de siècles".

Dans le mouvement intitulé "Jeunesse des morts", Gérard Bocholier nous invite à une Totentanz où "Le bras qui menait la musique/ A saisi la taille des morts"... Images éblouissantes, vertigineuses où nous côtoyons par-delà les mots cette mort qui habite notre chair et nous hante jusque dans le poème où elle vient nous délivrer son message : "Ma soif est ta soif étanchée".
Vient ensuite le temps de la veille où "La nuit les battements du coeur/ semblent presque implorer ceux des feuilles". Le poète se tient alors sur cette lisière au bord du monde et de lui-même où "Le matin verse une joie pure/ D’iris à l’âme qui prend source".

Dans "Belles saisons obscures", Gérard Bocholier nous ramène inexorablement à notre finitude. Mais en témoignant de notre humaine condition, le poème s’élève dans le même temps tel un contre-chant de lumière qui éclaire notre nuit.

Françoise Urban-Menninger

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