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Carmin sur glace - Martine Blanché

Recueil de poèmes paru chez Jérôme Do Bentzinger Editeur avec une préface de Jacques Goorma

mercredi 27 mars 2013 par Françoise Urban-Menninger

D’emblée la photographie de couverture prise au café Florian par l’auteure nous emmène "dans Venise la Rouge" ainsi nommée par Alfred de Musset. Ce rouge où rien ne bouge si ce n’est une infinie rêverie où l’on entrevoit "Un linge oublié en banderole" ou encore "des gondoles amarrées avides de liberté" n’a de cesse de nous renvoyer tel un kaléidoscope les reflets fragmentés de notre vie éphémère.

Martine Blanché nous octroie par petites touches délicates les pages d’un carnet de voyage éminemment poétique où Jacques Goorma affirme à juste titre que "Regarder est un art". Car dans les six étapes de ce recueil qui nous entraîne dans un voyage immobile de Venise au Japon en passant par Berlin ou Gênes, le Cambodge et le Vietnam, c’est toujours la musique des mots qui nous ouvre au regard du monde.

Les mots taillent une brèche dans le silence et célèbrent par les images cette beauté lumineuse qui nous met au monde pour peu que nous prenions le temps d’ouvrir les yeux de l’âme. C’est alors que parfois "Le poème s’élève", pas seulement quand "La pivoine de porcelaine est prête pour le thé" mais quand nous-mêmes sommes au diapason de la musique du monde à l’instar du poète qui nous offre dans un vers exquis la grâce d’un "sourire en fleur de cerisier".

A n’en pas douter, Martine Blanché possède cette grâce légère, aérienne qui révèle sous sa plume un univers qu’elle réenchante de son regard.
L’abbaye "Prenant racine en l’infini limpide" nous élève au-delà des mots, par-delà le ciel pour nous recentrer en nous-mêmes sur cette lumière tout intérieure qui prolonge le poème.

Et si l’auteure nous invite à l’accompagner vers de lointaines contrées, c’est pour mieux revenir vers son Alsace natale et "S’oublier au creux d’un vert écrin sur de bruns rondins" dans le Frankenthal. Car la clé de ce recueil n’est autre que l’effacement de l’écrivain devant sa vision ; Jacques Goorma nous le précisait dans sa préface "Peu de je" mais "une vibration intime" qui entre en parfaite harmonie avec les musiques, les couleurs, les parfums et "Où tout a sa place dans la fragilité de l’instant". Cette fragilité n’est autre que celle du poète, de la nôtre, et Martine Blanché d’évoquer à Angkor "La résonance du temps victorieux" qui trouve dans le poème un dernier et flamboyant écho .

Françoise Urban-Menninger

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