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Le lac de cendres d’Eugène Green

Sous-titré "Poème", cet ouvrage est publié aux Editions Arfuyen

mercredi 12 février 2014 par Françoise Urban-Menninger

Né à New York en 1947, Eugène Green quitte très tôt son pays pour découvrir l’Europe. Il s’établit à Paris en 1969, suit des études de lettres et d’histoire de l’art et obtient la nationalité française en 1976. Fondateur d’une compagnie théâtrale ’Le théâtre de la Sapience", Eugène Green est aussi cinéaste, on songe d’emblée au merveilleux film "Le Pont des Arts"
réalisé en 2004. Dans "Le Lac de cendres", l’auteur nous invite à appréhender avec lucidité le déclin de l’Europe depuis 1914.

Dans l’ensemble de son oeuvre qui compte bon nombre de films, disques, essais, romans, mises en scène théâtrales, Eugène Green n’ a eu de cesse de renouer avec l’esprit de l’art baroque en le restituant dans sa diction et sa représentation originelles. Le français, sa langue d’adoption, est au coeur d’une oeuvre où l’auteur pressent la fin de la civilisation des Lumières. Avec "Le lac de cendres", il signe la mort annoncée des cultures et des langues d’Europe. Car Américain de naissance, né selon lui en "Nouvelle Barbarie", Eugène Green ressent une part de responsabilité dans ce drame imputable à son pays.

Les voix que le poète perçoit dans son poème de cendres et de réminiscences sont celles des derniers grands poètes d’Europe : Mallarmé, Pessoa, Rilke, Espriu... Et ce n’est autre que Dante qui l’affirme sous sa plume : "L’Europe avait sa faute originelle" et de dénoncer "La stérile Raison, monstre stupide/ conçu dans un cerveau sans corps ni langue". Et plus encore de préciser :" Un coup de pistolet fit de l’Europe/ Un continent ne sachant se nommer/ Une nuée de chair blanche et de cris/ Qui s’accrochent au cornes du taureau".

Ainsi les boucheries de la Première Guerre mondiale sonnent-elles le glas de notre civilisation qui s’enfonce depuis lors inexorablement dans ce "Lac de cendres" où "On vit des langues de l’Europe/.../ Se dessécher et se décomposer".

Autrement dit, Eugène Green s’interroge et nous interroge quant à l’âme perdue de l’Europe...Cette âme errante nous parvient par les voix des poètes disparus que l’auteur invoque et c’est avec Pessoa "L’Europe tout entière qui pleure" ou avec Federico Garcia Lorca, le poème qui verse des larmes : "Ne coulent que les pleurs du verbe"...

Et Eugène Green dans des vers lumineux, taillés dans le vif de l’âme, d’en appeler au réveil de l’Europe qui cherche "un corps vivant où s’incarner" à l’instar des voix des poètes errant autour du lac.

Et de clore ce recueil sur un dernier et vibrant appel : "Que le vent vienne !" et d’espérer ainsi un nouveau souffle pour une Europe en mal d’être qui a perdu ses repères.

Françoise Urban-Menninger



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