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Une lecture en tanka à Saint-Germain-des-Prés - Nicolas Grenier
vendredi 15 juillet 2011 par Sarah Achaoui

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Les éditions du Tanka Francophone ont fondé leur maison autour du tanka. Le dernier recueil de l’éditeur, c’est un ouvrage, singulier et rare, écrit par Nicolas Grenier, poète français : « Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d’après ».

D’un point de vue technique, le tanka est un poème à forme fixe, qui se construit en deux parties, la seconde partie apparaît comme une réponse à la première. La première partie se constitue d’un tercet de 17 (5/7/5) syllabes et la deuxième, un distique de 14 (7/7) syllabes. A l’origine, le tanka classique n’a été pratiqué qu’à la Cour impériale. Aujourd’hui, il est considéré comme la forme littéraire la plus élevée. Poème affiné, le tanka explore des sentiments « nobles » de la nature humaine : l’amour, la solitude et la mort.

Ce n’est pas un hasard si Nicolas Grenier a choisi le tanka. Forme médiévale, le tanka, donc, peut s’inscrire en toute légitimité dans le quartier d’une grande ville, Paris, elle-même cité médiévale. Bref, l’auteur s’inscrit dans la tradition de la poésie, la plus antique, et l’histoire d’un quartier, le plus critique. Ainsi, au sein du recueil, chaque tanka apparaît comme une petite pierre dans l’architecture ancienne d’une rue ou d’un boulevard.

Au fil de l’œuvre, l’auteur n’a de cesse de croiser les références, histoire et géographie, architecture et littérature, photographie et chorégraphie. Discrètement, les personnages historiques (Childebert) se mêlent à la toponymie des rues (rue Saint-Benoît). A une fenêtre, un hôtel particulier, doublement séculaire, fait surgir un clin d’œil littéraire. Enfin, côté photographique, chaque tanka, c’est un instantané, d’où émergent des formes, horizontale et verticale.

Aussi pour le tanka, il s’agit d’une poésie minimaliste. Dans un monde de profusion, le poète ose alentir la marche du temps et pose son œil, lentement sur les lignes qui bougent. Il fixe le mouvement, raccourcit l’espace et note le silence à la marge d’une page, armé de mots.

Et Nicolas Grenier, par cet ouvrage, se révèle comme une figure majeure de la jeune poésie contemporaine, qui fera date, car l’auteur a une façon d’évoquer la vie qui ne s’oublie pas, touches par touches, à la manière de Paul-Jean Toulet dans ses « Contrerimes », cent ans après, définitivement.



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