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Tiens ferme ta couronne, Yannick Haenel

Editions gallimard, collection l’Infini, 2017

jeudi 19 octobre 2017, par Alice Granger
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Laissons les phrases venir en lisant, tout en laissant à ce roman sa virginité.

Il est question de la solitude de l’écrivain, en particulier lorsqu’il échoue, comme Melville, et cette baleine blanche dont à un certain moment du livre le narrateur a peur qu’elle soit tuée par Tot, un ancien légionnaire monstrueux qui est son voisin, qui possède beaucoup d’armes à feu pour sa passion de la chasse, en particulier une carabine Haenel, et qui laisse une femme se suicider sous ses yeux.

Or, pour l’écrivain narrateur, une femme, c’est Diane Artémis, la fille à laquelle son père a tout donné, les bois, les animaux et le lac, des nymphes pour compagnes, ainsi que la virginité éternelle, et qu’il ne faut pas voir en prédateur sexuel comme Actéon qui fut transformé en cerf et déchiqueté par les chiens de cette déesse parce qu’il voulut la voir nue au bain.

Comme l’indique la fin du roman, il s’agit pour celui qui veut arriver à la vérité, à la source, à l’étincelle, de se baigner dans l’eau du lac, comme le lac de Némi, en Italie, où il y a encore le sanctuaire de Diane, et d’y attendre la Diane d’aujourd’hui, Léna, douce biche, conservatrice au Musée de la Chasse et de la Nature évidemment, qui s’y baignera nue avec lui. Donc, l’important, c’est ce lac amniotique, dans lequel ils vont se baigner ensemble. C’est l’intérieur mystiquement alvéolé (comme l’intérieur de la tête de Melville) de la baleine blanche, symbole utérin en pleine fonction, et bien sûr Léna a un visage d’une blancheur nacrée ! Tout autre chose que cette nudité que le prédateur Actéon veut voir, alors que Diane est une déesse très pudique, et vierge comme pour affirmer une fidélité à toute épreuve, est-ce à son père ou à son successeur comme Roi du Bois, en tout cas il est question sous la plume de l’écrivain de plonger et de trouver dans l’eau les restes du père transformés en corail et surtout en nacre de perles qu’il garde avec lui ! En vérité, il s’agit que deux amants, dont un écrivain qui voue sa vie à l’impossible et auquel arrive quelque chose qui n’a lieu que sur le plan de l’impossible, faisant une expérience fondamentale avec la parole, se retrouvent unis en se baignant dans l’eau originaire, alors même qu’il est apparemment impossible d’y revenir !

Sauf que, comme il est rappelé dans le roman lorsque le narrateur arrive au lac de Némi, un prêtre, bien évidemment, veille sur Diane, parce qu’il a cueilli un rameau. Mais, écrit Yannick Haenel, pour devenir Roi du Bois de Diane (offert par son père comme tout, puisqu’il lui a tout donné…), il ne suffit pas de cueillir le rameau, il faut aussi tuer le précédent Roi. Qui est le père de cette fille ? Cueillir le rameau nous fait penser au bois que le cerf porte sur sa tête, ce cerf que devient le daim blanc qui s’enfuit dans les bois en tremblant d’être tué à la chasse… Le cerf et son rameau cueilli, c’est l’animal sexuel, celui qui va être tué au cours de cette chasse sexuelle par la jouissance. Autant le daim blanc qui s’enfuit dans la forêt semble pris dans une peur de petit garçon d’être tué par le père (avec la carabine Haenel !) parce que sa Diane est encore sa mère dont la nudité se dérobe, autant celui qui veut devenir Roi du Bois doit tuer non pas son père mais le père de la nouvelle Diane, Léna dans ce roman ! Et tuer ce père de la fille qui lui a tout donné, n’est-ce pas devenir à ses yeux à la hauteur du père, donc lui offrir le Bois, les animaux, le lac originaire, et en jouir avec elle comme une sorte de frère jumeau, couple de jumeaux dans le même lac qui paraît amniotique ? Ce dont est finalement capable le narrateur, écrivain qui nous raconte le temps de sa folie, dans son univers de noms et de phrases, presque toujours imbibé de vodka, noyé, alcool qui semble être un succédané de ce bain dans le lac originaire !

L’écrivain, que l’on devine à ce moment-là où l’argent s’épuise hanté par son propre échec, qu’il écoute à travers celui de Melville qui fut forcé pendant 17 ans de travailler dans les bureaux de la Douane à New York, où il fut coupé de la baleine blanche (qui écrivit sur ce crime fondateur des Etats-Unis, le massacre des Indiens et mit en question ce pays comme terre promise), et à travers celui du cinéaste Michael Cimino qui est le Melville du cinéma (échec sans doute parce qu’on lui a fait payer d’avoir dévoilé dans son film Heaven’s Gate la mise à mort des immigrants d’Europe de l’Est par les propriétaires terriens de la jeune Amérique), peut finalement revenir à la vie. Sortir de sa folie noyée de vodka, c’est possible par le chèque conséquent que lui donne Pointel, un réalisateur de cinéma pour la télévision, pour la commande d’un livre sur Cimino, personnage célèbre dont il ne faut pas rater l’occasion offerte par sa mort de faire un film… Un nom, de l’argent… Avec ce chèque qui va lui permettre de vivre plusieurs mois, l’écrivain va pouvoir louer une petite maison au bord du lac de Némi, et y attendre Léna en se baignant dans une nudité fœtale dans le lac, où nue elle le rejoindra. L’important c’est ce chèque, qui permet à l’écrivain de tuer le prédécesseur, le père de Diane Roi du Bois, en ayant les moyens de tout lui offrir à son tour, elle qui n’a jamais quitté ce Bois, ce lac, cette source matricielle originaire. Les funérailles de la sœur de Léna, conservatrice de musée elle-aussi, où Diane porte le cadavre de sa sœur jusque devant un retable où il y a la Crucifiction du Christ, nous apprennent quelque chose d’essentiel. Diane lit un texte hommage, où elle nous apprend que sa sœur est restée vierge, qu’elle aimait les femmes. Allusion à une sorte d’homosexualité féminine originaire, une sorte d’arrimage féminin à ce lac matriciel, cette source, cette douceur, cette blancheur, cette baleine. Ce qui fait tenir toute cette expérience de l’écrivain qui a lieu sur le plan de l’impossible. Il faut croire à une déesse pudique, à ne pas voir en prédateur sexuel, qui oriente le désir non pas sur elle-même - alors qu’elle met évidemment en branle la chasse c’est-à-dire le désir brûlant qui jaillit chez l’écrivain paumé en la voyant (Anna la sœur de Diane, qui oriente celle-ci vers la fixation féminine originaire dont il faudrait croire qu’elle est universelle, qu’elle est la vérité par excellence, qui se dévoile tout en s’échappant toujours, n’a jamais été pénétrée par un homme, évidemment il s’agit pour lui de se baigner dans le lac amniotique matriciel lorsque, avec Diane, ils sont amants ) - mais vers un bain qui ne finit plus !

Il y a d’une part le daim blanc qui s’enfuit dans les bois, qui est pourchassé. Comme un petit garçon amoureux d’une Diane maternelle craint d’être tué par la carabine paternelle sur mesure Haenel. Et d’autre part le cerf adulte, pourchassé par les chasseurs du désir sexuel suscité par Diane, mais avec lui c’est la traque qui est importante, jusqu’au face à face du chasseur et de l’animal, où se suspend l’exécution.

Toute l’écriture de Yannick Haenel sur le daim blanc de Melville, qui est aussi un flamboiement de la folie, de la forêt de noms, qui comme par hasard est contemporaine d’un épuisement de son argent lui venant de droits d’auteur sur les précédents livres (d’où une vie chaotique, frigo toujours vide, objets et livres vendus les uns après les autres, écriture la nuit dans un appartement en vente dont il ne paie plus le loyer, solitude alcoolisée), insiste sur le crime qui est au fondement de l’Amérique, sur les immigrants refoulés près de la statue de la Liberté sur l’île Ellis Island, les déboire de Kafka dans le livre L’Amérique. Bref, dans ce temps là où l’argent manque, où la folie et la solitude culminent, les noms font une forêt autour du narrateur comme autant de noms du père qui pourraient sauver d’une manière ou d’une autre le daim blanc ! Par exemple en proposant au cinéaste Cimino un scénario sur Melville, donc une exploitation possible de ce nom célèbre ouvrant une possibilité d’en vivre. L’écrivain rencontrera Cimino à New York, et ce sera une rencontre exploitable par un réalisateur français, donc une ultérieure rentrée d’argent possible pour l’écrivain désargenté… Tout se passe comme dans l’Amérique originaire où les conquérants venus d’Europe massacrent les Indiens, ces habitants pour lesquels cette terre est une matrice ! Au daim blanc, la forêt de Diane, son lac, sa source, semblent en danger de mort, sont le lieu d’un crime originaire. Le daim blanc doit résister, fuir ! Le massacre de la baleine blanche semble par ailleurs inéluctable à Melville ! Follement, le daim blanc s’élance vers l’impossible, ce bois originaire, il doit envers et contre tout y croire, c’est la vérité à rejoindre, c’est un bain irrenonçable. Il y a cette forêt de noms, comme autant de pères différents, qui n’ont pas de carabine Haenel pour viser le daim blanc, qui croient que l’impossible est la seule chose à vivre !

Alors, il suffit d’une rencontre pour renaître, pour sortir de cette folie, il suffit du visage blanc de Léna, qui l’aspire tout entier. Là, il tient ferme la couronne formée par les bois du cerf, il peut cueillir le rameau du bois de Diane. Il le peut parce qu’il y a aussi le chèque ! Pointel, c’est une sorte de père qui est favorable au daim blanc puis au cerf au beau ramage, à la belle couronne de Roi du Bois, parce que c’est un réalisateur TV qui a les moyens. Qui ouvre une perspective à l’écrivain fou de solitude dans cet épuisement de l’argent qui le conduit vers une limite insupportable où il doit se passer quelque chose. Pointel connaît Isabelle Huppert (qui joua dans le film de Cimino « La porte du paradis »), qui arrive avec Léna dans ce restaurant bourgeois où l’écrivain attend le réalisateur en buvant à ses frais de l’excellent pinot noir et en mangeant un énorme plateau d’huîtres ! Pointel, c’est l’antithèse de Tot, qui semble un père monstrueux possédant cette carabine Haenel et qui laisse une femme se suicider au lieu de tout lui offrir comme à Diane ! Autant Tot ne voit pas la déesse de la chasse, des bois, des animaux et du lac dans une femme (il maltraite son amie Anouk, se comporte en prédateur), autant Pointel les voit l’une telle une actrice divine comme Isabelle Huppert et l’autre telle Léna dans son Musée de la Chasse et de la Nature ! Pointel, c’est le réalisateur TV qui sait exploiter les noms. Et à partir de là, le chèque possible… En tout cas, si l’écrivain se laisse flotter dans sa vie chaotique imbibée, regardant une infinité de films sur son lit en particulier à partir de son voyage à New York où il a réussi à rencontrer le cinéaste invisible depuis trente ans, surtout « Apocalyse Now » visionné en boucle, il sait qu’il a un filet, il peut toujours écrire un article, travailler sur un scénario ou le corriger, bref sa notoriété d’écrivain et en particulier sa passion pour Melville, ou bien Kafka, Beckett, Joyce, etc. lui permet d’espérer toujours un sauvetage comme de la part de pères comprenant ce qu’est la littérature pour lui, ce qu’est sa passion de la vérité.

Donc, lorsque, au début du livre, il s’adresse au réalisateur Pointel, pour lui parler du scénario qu’il a écrit à propos de Melville, « The great Melville », pour un film qu’il verrait bien Cimino tourner, impossible de ne pas penser que le chèque est en surplomb en même temps que l’argent d’avant, de droits d’auteur du livre précédent, s’épuise ! Dans chaque livre de Yannick Haenel, il est question d’argent qui permet de vivre en quelque sorte sur le plan de l’impossible, rompant les amarres, coupant avec tout, en évoluant vers une clairière, un bois, un lac, l’Italie. Il est question de l’argent qui s’épuise comme pour souligner qu’il s’agit d’impossible, que ce qui se dévoile et se laisse pénétrer comme un ventre de baleine ou une tête mystiquement alvéolée, se ferme ensuite, s’échappe, dans un rythme qui nécessite à chaque fois l’intervention d’une nouvelle somme d’argent, donc à nouveau la forêt de noms, de phrases, ceux d’écrivains de l’impossible aussi.

Donc, l’écrivain fou de solitude et conscient qu’il faut que quelque chose se passe pour ressusciter, ne s’adresse pas par hasard au réalisateur Pointel. Il est fou, certes, très marginal, il semble sombrer, ne pas pouvoir revenir parmi les vivants tellement il boit et tellement il vit parmi les noms, avec son hirondelle empaillée (figurant l’hirondelle d’Athéna dans l’Odyssée qui veille sur Ulysse, Athéna sortie de la tête de son père tandis qu’à Diane son père a tout donné… ah la fille et son père dans cette écriture !), mais il ne perd pas tant que ça le nord, pardon, la baleine ! Il attend de Pointel le numéro de téléphone de Cimino, dont il est l’ami, et en même temps il s’organise auprès de lui une ouverture en lui parlant de son scénario, « The great Melville » ! Cet écrivain fou a le sens des affaires… ! Et de la possibilité de faire un film à partir d’un livre, car maintenant cette valeur ajoutée compte pour publier un livre ! La mort de Cimino, telle la mise à mort du précédent Roi du Bois, étant un événement exploitable parce qu’il avait un nom, une notoriété, le successeur peut devenir Roi à son tour, se disant « Tiens ferme la couronne » car aux yeux du réalisateur Pointel il est celui qui peut faire gagner le Jackpot, comme il l’écrit dans un SMS. On peut se demander d’ailleurs si cette forêt de noms dans lequel si souvent l’écrivain se sent être entouré n’est pas celle des noms connus, ces noms spéciaux qui ont une valeur, qui sont comme le nom du père non pas coupeur de cordon ombilical et faisant tomber l’interdit de l’inceste mais le nom d’un père plus ancien, assurant une pérennité au lieu impossible, originaire, océanique et boisé, matriciel. Les noms qui surgissent tout autour de l’écrivain dans sa folie solitaire, loin de tous, signifient la vérité de ce monde certes impossible mais en ce qu’il peut se dévoiler tout à fait et accueillir un temps semblant éternité, pour s’échapper encore, et ainsi de suite.

C’est le nom Heanel, celui de l’écrivain, acquérant de plus en plus de notoriété, qui fonctionne comme on le constate dans le livre à la manière d’un nom du père originaire, parce que grâce à lui des gens importants et de pouvoir par exemple dans le milieu du cinéma vont lui commander des œuvres rapportant de l’argent aussi bien aux commanditaires qu’à l’exécutant. Ainsi, l’écrivain, qui fait l’expérience d’avoir un nom comme l’expérience de quelque chose qui n’a lieu que sur le plan de l’impossible, peut par l’argent qui lui permet d’aller vivre ailleurs tout un intervalle en éternité en même temps que Diane, être à lui-même ce père-là, pas du tout le père carabine Haenel ! C’est récurrent dans l’œuvre de cet écrivain, à chaque fois il est question d’une somme d’argent qui permet un temps sabbatique, de se financer un séjour absolument ailleurs, dans un impossible possible, qui en l’absence d’argent n’était perceptible que comme silhouette, qu’en flottant dans l’ivresse de la vodka. L’écrivain a de l’argent en main, et il part aussi longtemps qu’il en a, dans une insouciance enfantine, et dans ce roman, Diane-Artémis-Léna va le rejoindre, faisant avec lui un couple originaire jumeau, comme celui d’Artémis avec Apollon. La folie revient-elle avec l’épuisement de cet argent ? Et avec elle les noms, c’est-à-dire la réserve qu’en puissance la notoriété abrite pour à nouveau espérer pouvoir à l’abri financièrement retrouver une légèreté insouciante de garçon et fille dans le lac amniotique avec autour l’ éternité d’un paysage boisé et aqueux, où sont en liberté les animaux sauvages ? Au moment par exemple de partir pour l’Italie, afin de rejoindre le bord du lac de Némi dont parle Frazer dans son livre « Le Rameau d’or », l’écrivain sait que le chèque donné par le réalisateur TV aura une fin. Et qu’à nouveau la folie reviendra, contemporaine d’une approche des personnages qu’il faut rencontrer afin que la notoriété fonctionne comme ce nom du père ancien. On imagine la répétition, le nom Haenel connu peut intéresser tel personnage bien placé, comme ce réalisateur de télévision, le nom Melville associé au nom Cimino travaille le nom Pointel pour faire surgir la silhouette d’un prochain film, et dans ce croisement étincelle déjà tout ce qu’un prochain chèque peut promettre d’un accès à l’impossible, à ce que l’écrivain appelle la vérité. Répétition avec d’autres noms. Et à chaque fois, pour larguer les amarres le cœur léger en ayant en poche de quoi s’offrir une insouciance originaire au paradis, l’écrivain est le nouveau Roi du Bois, qui a tué le Roi précédent, le père qui a tout donné à sa fille, à Diane-Artémis sœur jumelle d’Apollon. A chaque fois, c’est le nouveau Roi, qui tient ferme sa couronne, qui donne tout à la déesse avec laquelle il va se baigner. Apollon n’est dans ce roman nommé qu’une fois, en tant que protectrice d’Ulysse dans l’Odyssée. Pourtant, dans les pages qui décrivent le début du séjour au bord du lac de Némi, on dirait bien qu’il s’agit d’Apollon en train d’attendre Artémis sa sœur jumelle, et ensemble ils se baigneront dans le lac, comme ensemble ils furent dans le liquide amniotique ! Diane Artémis, à la virginité éternelle qu’elle a obtenu de son père Zeus, si elle est déesse de la chasse où les animaux seront tués comme le désir sexuel qui court à travers bois tombe avec son accomplissement, est aussi celle des animaux sauvages vivant paisiblement et librement dans la nature, comme dans une innocence qu’aucune pulsion ne traque. On a l’impression qu’au-delà de la mise en branle sexuelle que le personnage de Diane suscite, en attirant follement l’écrivain par son visage virginal à la blancheur de baleine, comme la scène dans Paris le soir de l’attentat terroriste où le narrateur a l’impression qu’un lac de sang envahit tout puis qu’il devient un lac d’eau, au-delà donc, c’est dans le bain amniotique commun quelque chose de fraternel, une même vérité qui les unit. Flamboiement rouge dans la montagne, tandis que l’argent va permettre de vivre plusieurs mois. Rouge comme le franchissement à rebours du tissu placentaire. Le crime dont il est tellement question avec l’Amérique qui a massacré les Indiens, qui continue ses massacres partout, s’est précisé avec l’élimination du prédécesseur, le précédent Roi du bois de Diane, l’amant frère jumeau est le nouveau Roi du bois. C’est un parricide très spécial. La carabine Haenel est loin.

Ce nouveau roman de Yannick Haenel ne nous déçoit pas, en nous entraînant avec lui dans ce cheminement souvent à la limite du cauchemar vers sa vérité. Il y parle beaucoup de folie, pourtant il nous semble le voir apparaître pas si fou que ça ! Une folie avec un filet, qui permet cette expérience de la limite, au bout de l’ivresse ? L’écrivain se perd, presque une sorte de suicide, loin de la vie, dans ses films qu’il se passe en boucle, imbibé de vodka ou de bière, et au bout de cela, voici que soudain la vie dans une éclaircie l’appelle, ayant le visage blanc de Léna, cette étincelle qui relance tout, qui rappelle à la vie. Léna amenée par Isabelle Huppert, toutes deux liées donc à Pointel, celui qui apporte le Jackpot !

Alice Granger Guitard



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