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La Somnambule dans une Traînée de Soufre - Catherine Gil Alcala

Ouvrage de poésie publié aux Editions La Maison Brûlée

vendredi 5 janvier 2018, par Françoise Urban-Menninger
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©e-litterature.net
Le titre mystérieux nous interpelle d’emblée sur le contenu de ce livre que le mot "poésie" semble sceller tel un cachet de cire. "La Somnambule" nous renvoie dans cet entre-deux hypnotique du rêve éveillé où l’écriture déambule et puise sa source aux racines de l’inconscient. Quant à "La traînée de Soufre", elle a partie liée avec l’alchimie et confère un caractère "sulfureux" aux écrits de Catherine Gil Alcala. Mais une femme qui entre en poésie ne possède-t-elle pas dès lors "Une langue de feu" qui "s’élance sur la terre" ?

Car cette "somnambule" n’est autre que l’auteure qui explore à la lisière de la conscience, entre subconscient et inconscient, des terres où ont frayé les surréalistes comme André Breton ou les dadaïstes comme Tristan Tzara. L’écriture automatique permet à Catherine Gil Alcala d’ouvrir cette fameuse boîte de Pandore où dorment tous les fantasmes et où l’obscur travaille à même la chair des mots. Les images déferlent alors, débordent le surmoi, les tabous s’effondrent car il n’y a plus de garde-fou, seul le fou ou la folle parle... Et le trop plein du vide de devenir ce lieu d’angoisse où "Les jeux d’enfants comme les terreurs dans le noir" creusent en nous l’absence, le désir d’infini, l’échéance inéluctable de notre mort.

Mais cet espace sans limite est aussi celui d’une totale liberté qui permet à l’auteure de transcender tous les diktats de l’écriture dans une poésie hallucinatoire. C’est sur cette scène ouverte que Catherine Gil Alcala danse avec les mots sa rage d’être au monde. Cette danse quasi orgiaque se transforme en transe sur la page blanche où "On entend alors le rire grinçant dans le grondement du tonnerre de celui que l’on nomme danseur".

Poésie expérimentale qui investit les tréfonds de la conscience humaine, fouille les non-dits, met en lumière les rebuts, l’écriture de Catherine Gil Alcala agit tel un philtre instillé en intraveineuse qui nous réveille pour nous sortir de notre torpeur ambiante :

"La pluie caresse la carcasse étonnée du dormeur omnipotent, ce que l’on ne sait pas apparaît dans l’espace d’un instant en équilibre sur l’éternité".

Il nous appartient pour peu que nous le souhaitions de danser à notre tour sur la corde du verbe car "Le funambule au-dessus du précipice ressasse la loi des ténèbres"...

Françoise Urban-Menninger



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