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Les écrivains et l’argent sous la direction d’Olivier Larizza

Ouvrage soutenu par l’Université de Haute-Alsace et paru aux Editions Orizons

mardi 26 février 2013, par Françoise Urban-Menninger
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©e-litterature.net
Romancier, écrivain, maître de conférence, Olivier Larizza vient de diriger un collectif de chercheurs sur un sujet peu abordé et pourtant inhérent à la création littéraire, celui des écrivains et de l’argent. Qualifié de "couple improbable" par Daniel Cohen, écrivain et éditeur, qui signe une postface riche "en considérations personnelles", le tandem argent/littérature nous plonge au coeur même de la création. Car Daniel Cohen pose une question essentielle "Que seraient les hommes sans l’écriture ?", quant à l’argent "allié de toutes les tyrannies", il s’interroge : "L’Homme le destituera-t-il ? L’Homme son créateur ?".

Et voilà dès lors mis en scène ce "couple improbable" qui aujourd’hui, sous les feux des médias, défraie la chronique en livrant en pâture le contenu d’ouvrages prétendument littéraires mais qui sont pourtant totalement éloignés de ces livres dont Daniel Cohen nous dit qu’ils sont "passés à l’humanité". Le dernier ouvrage en date, celui de Marcela Iacus paru chez Stock et concernant la liaison de son auteur avec Dominique Strauss-Kahn en est l’exemple le plus criant. On est si loin du travail lumineux de l’écrivain que l’on en ressent un profond écoeurement !

Faire des livres pour gagner de l’argent, on en a un parfait exemple avec le cas de Paul-Loup Sulitzer, le faiseur de "l’argent roi" dont Tania Régin démonte avec intelligence le mécanisme. Le lancement des best-sellers, l’octroi des prix littéraires ont partie liée avec l’argent qui corrompt jusqu’aux maisons d’édition qui sous le label "galligrasseuil" s’entendent pour l’attribution du Goncourt !

Dans l’ouvrage dirigé par Olivier Larizza, on rencontre pourtant "l’intransigeance" d’André Breton décrite avec précision sous la plume d’Alexandre Massine, la pauvreté de Jack Kerouac dans une Amérique des années 50 en pleine croissance qu’évoque Pierre-Antoine Pellerin, mais dans le même temps on lit avec beaucoup d’ intérêt l’article de Cécile Vaissié consacré à la "prison de velours" des écrivains soviétiques. Autant de variations autour du thème des écrivains et de leur rapport ambivalent et parfois sulfureux avec l’argent. Et Olivier Larizza d’aller plus loin encore en soulevant un véritable tabou, celui de l’auteur et plus particulièrement celui du poète qui a "toujours été -trop souvent malgré lui- un expert du non-marchand, le parent pauvre de la littérature". Et d’analyser avec lucidité l’image de l’écrivain désintéressé véhiculée par une certaine histoire de la littérature : "L’écrivain possède un grand luxe : l’activité qu’il exerce le gratifie du fait même qu’il l’exerce" ! Autrement dit "l’écrivain s’accomplit dans l’écriture" et "la posture de désintéressement rehausse l’oeuvre".

"Ecrire s’avère suffisant pour certains auteurs" mais surtout pour leurs éditeurs et libraires... Car Olivier Larizza nous le rappelle, c’est tout de même l’écrivain qui gagne le moins "alors qu’il est à l’origine même de toute la chaîne".

Tous ces paradoxes font naître sous la plume de 18 universitaires des contributions qui se lisent comme autant de récits vivants, ils nous éclairent sur d’autres facettes de la personnalité d’auteurs que nous avons lus tels Jane Austen, Flaubert, Paul Léautaud, Goldoni, Jean Genet, Otto Flake, Jack London, Oscar Wilde...

Cet imposant volume s’impose d’ores et déjà comme un outil précieux, un ouvrage de référence à mettre en bonne place dans toutes les bibliothèques. Un livre à découvrir absolument et à reprendre pour le plaisir de chercher et de trouver de bonnes réponses aux questions que les écrivains avérés ou autoproclamés ainsi que tous les lecteurs à l’esprit critique ne peuvent manquer de se poser...

Françoise Urban-Menninger

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