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Les Armoires du temps - A. Garidis

Editions Petra

mardi 10 janvier 2017, par penvins
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©e-litterature.net

Garidis retrouve la mémoire de la Grèce des années cinquante à travers les rares témoignages laissés par ceux qui furent victimes parmi les siens de la grande peur du communisme.

A travers ses origines elle raconte l’histoire de son pays et ce que vécurent ceux qui ne voulurent pas faire allégeance à l’anticommunisme viscéral de vainqueurs occidentaux de la deuxième guerre mondiale. Alors que certains pays firent une place aux communistes qui avaient organisé la résistance aux Allemands, à l’inverse l’intransigeance des Anglo-Saxons, Britanniques et Américains conduisit à ce que les résistants grecs sommés de rendre les armes à l’armée anglaise appuyée par la police grecque refusent.

Les anciens collabos des Allemands portent à présent la tenue des soldats anglais et tirent sur la foule, éveillant la confusion dans les esprits.

Le 12 février 1945, les accords de paix de Varkisza aboutissent au désarmement de l’ELAS. Mais tous les partisans n’obtempèrent pas.

Communistes et sympathisants de gauche sont alors poursuivis par les nouveaux gouvernements grecs soutenus, par les Anglais :

La peur du communisme est plus puissante dans les esprits, que l’union des anciens Alliés contre le nazisme.

Angueliki Garidis partie à la recherche « archéologique » de son passé relit les lettres envoyées par les prisonniers et malgré le caviardage paranoïaque de la censure, tente de retrouver le quotidien de ceux qui furent les victimes d’un acharnement anticommuniste destiné à maintenir le pays dans le giron occidental avec l’appui des nationalistes les plus extrêmes.

La Grèce a toujours été en danger de nationalisme, on en comprend aisément les raisons, et l’on voit ici la férocité avec laquelle celui-ci peut s’en prendre à ceux qui combattirent d’abord le fascisme et ensuite le nazisme. Les sympathisants de gauche furent pourchassés, parfois sur de simples rumeurs. Ils furent séquestrés d’île en île avant d’être condamnés dans des procès montés de toutes pièces parfois à la peine capitale, parfois à des peines de prisons démesurées mais dont ils se satisfaisaient d’avoir échappé à la mort.

Fouillant dans les lettres qu’elle retrouve dans « Les armoires du temps »mais aussi les dessins et les objets d’art qu’elle exhume, Angueliki Garidis parvient à donner chair à ce qui ne saurait rester qu’un moment de l’histoire de la Grèce. Elle montre à quel point fut dramatique et pour les résistants et pour leurs familles ce refus de céder aux ingérences extérieures :

Deux mondes s’affrontent : les prisonniers qui ne veulent pas signer car la honte, l’opprobre, le déshonneur tomberaient sur eux et la famille restée, à Athènes, qui ne comprend pas l’idéal des détenus et leur refus de céder, malgré les pressions et les tortures – dont ils n’avaient peut-être pas conscience, car la propagande présentait Makronissos comme un camp de rééducation où les prisonniers étaient bien traités.

L’humain passe à travers ces témoignages vivants, la rancœur de ceux qui souffrent de l’entêtement des prisonniers, la bonté du prisonnier qui comprend cette rancœur, mais qui malgré tout refuse de plier et bien sûr la folie manipulatrice des politiques et de ceux qui adhèrent à cet endoctrinement anticommuniste, voire à l’inverse à l’endoctrinement communiste, l’auteur soulignant que les prisonniers n’étaient pas libres de se poser des questions :

ceux qui se posaient des questions sur la ligne du parti, se retrouvaient coincés dans les couloirs, attaqués au canif.

Et puis avant tout ce livre est un hommage au père de l’auteur, une façon d’honorer sa mémoire, dans leur folie les nationalistes ayant fait détruire les archives des procès :

Les témoignages de l’histoire ont été incendiés, détruits sciemment et les bourreaux sont restés à leur poste, prêts pour les dictatures à venir.

A lire et à relire pour comprendre un peu l’histoire de la Grèce d’aujourd’hui.

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