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Voilà un discours plein de moraline et qui n'aime pas les fautes d'orthographe!
"Ne pas avoir à se battre pour son manuscrit n'est pas forcément un service...", etc.
Que voulez-vous dire par là?
Que le monde de l'édition ne publie que des textes de valeur?
Croyez-vous sincèrement en sa crédibilité?
Pensez-vous qu'un professionnel ne sait pas voir au premier coup d'oeil si quelqu'un sait écrire ou non? (je ne parle pas des critiques).
Les dérives du compte d'auteur???? Le retraité qui écrit ses mémoires est fiché depuis longtemps. Laissez-les vivre, les pauvres!!! Ils ont le temps et l'argent!
Nietzsche fut un des premiers à reconnaître qu'une grande culture a besoin d'un terreau fertil, d'une masse d'êtres qui se vouent à la création pour voir le miracle du génie se produire un ou deux fois par lustre; toute une masse de scribouillards, peinturlureurs et compagnie; parasites et médiocres de tous poils, peut-être (mais pas tous!),qui forment les centaines de couches du tissu créatif d'une nation, nous sont absolument indispensables!!!
Tchekhov rêvait d'un monde ou on parlerait du nombre d'écrivains "par millier d'habitants", au même titre que les médecins, les hôpitaux et les professeurs d'universités. Comment former des écrivains? Dans les fac ou Les grandes écoles? Nous connaissons tous la réponse...
Laissez la vie faire son boulot; la sélection naturelle est là pour éviter des migraines inutiles! Un peuple d'écrivains!!! Voilà ce qu'il faut avoir le courage de rêver.
Votre discours à un parfum "élitiste" très français et veuillez croire que je le regrette.
Vous soulevez quand même un problème intéressant : "Les chances de trouver un public par cette filière"...
Oui; en effet; elles sont minces. Et après? Je suppose qu'un jeune écrivain qui cherche à se faire publier a impérativement besoin de cette première reconnaissance pour trouver la force de se surpasser. Cela ouvre des portes... C'est clair dans la tête de celui qui n'arrêtera jamais d'écrire. Et puis, pour l'éditeur, c'est un petit risque à prendre; l'informatique a résolu ses problèmes de stocks et d'investissement. Le retraité veut 15 exemplaires! Les voilà! Et on n'en parle plus! Pas de danger que ça se sache au-delà des limites de la commune! Le
meilleur des mondes...
Merci de nous laisser cet espace.
Je fais partie de ce ventre mou de la culture auquel j'ai fait référence plus haut.
manuscrit.com est mon éditeur.
Philippe Nadouce
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Je n'ajouterai pas grand chose à votre commentaire, c'est votre opinion et d'une certaine façon je la partage, mais je crois quand même qu'il y a un risque si certains éditeurs numériques se laissent aller un manque total de sélection, d'ailleurs vous évoquez vous-mêmes la sélection naturelle comme palliatif au manque de sélection des éditeurs. Si c'est pour en revenir après quelque années au point de départ et à ce que l'afflux de textes oblige l'édition numérique à se conformer aux lois du marché alors à quoi bon ! Je ne crois pas que les lois du marché soient bonnes non plus que la sélection naturelle, je dis simplement que les contraintes sont nécessaires. Ce qui est déjà à l'oeuvre sur le net avec les sites littéraires donne à réfléchir, chacun se fait plaisir et n'écoute ni ne lit plus personne que soi. Le principe de plaisir érigé en principe absolu on sait où cela mène.
Il y aura sûrement parmi les éditeurs numériques des éditeurs conscients du rôle qu'ils ont à tenir, mais il y a trop de monde à s'engouffrer dans la brèche et trop d'intérêt en jeu pour que l'on n'assiste pas à l'émergence de nouveaux margoulins* et que ceux-ci ne se fassent un jour dévorer par les grands groupes financiers qui rodent et qui comme aujourd'hui n'auront aucune considération pour la littérature.
C'est vrai qu'il y a une chance à saisir, que cette aventure vaut d'être vécue, mais c'est justement pour cela qu'il faut faire attention à ce qu'elle ne finisse pas en eau de boudin.
Cordialement
Penvins
* je ne dis pas qu'il y en a déjà dans l'édition numérique mais dans le compte d'auteur nous savons bien que si.
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