par Meleze
Voici une liste que j'ai faite sur le bord de la table de la salle à manger pour répondre à cette question d'un lecteur d'origine étrangère qui voulait se faire une idée de l'atmosphère qui régnait à l'époque.
J'ai trouvé des essais:
J'ai trouvé des hommes politiques:
J'ai pensé à des récits des hommes de la résistance, Tillon, Gingouin, Rol-Tanguy. Puis j'ai pensé à Aragon, mais je ne connaissais pas de romans sur cette période; plutôt des poèmes. Alors que mon ami voulait une histoire illustrant les conflits des français pendant cette période, l'interrogation d'un moteur de recherche à la bibliothèque avait donné pour seul résultat "la bicyclette bleue". C'était nul, parce que ce roman ne permet pas aux opinions de s'affronter; il se contente de parcourir la guerre sur le modèle du roman américain "autant en emporte le vent".
Les romans il n'y en avait pas. J'ai pensé à Lucie Aubrac. Mais ce sont des souvenirs. Comme ça a fait l'objet d'un film je me suis efforcé de suivre la piste des scénarios. J'ai trouvé:
Aucun de ces films ne m'étaient connu par l'auteur de son scénario. Cependant il y avaient des exceptions qui étaient les suivantes:
Ce dernier roman de Roger Vaillant qui remontait à mes 16 ans n'était pas loin d'emporter le choix que me demandait ce lecteur étranger. Il s'agit bien de conflits entre communistes. Cependant j'hésitais, je cherchais encore.
J'ai pensé à trois gaullistes qui avaient fait des romans de leurs aventures pendant la dernière guerre mondiale:
Est-ce que ça répond à la question "du grand roman"? Est-ce que ça répondait à ce qu'on me demandait? C'est vrai qu'il n'y a pas de "grand roman de la résistance". La poésie dans cette époque a tout absorbé. Des oeuvres comme "la nausée" de Jean-Paul Sartre relèvent plus d'un journal de guerre. Là on entre dans la catégorie assez nombreuse des journaux personnels. On peut citer des gens assez connus comme Michel Leiris, Althusser, etc...Ce ne sont pas des romans. C'est pourquoi j'ai eu envie d'inscrire ce début de recherche sur le net et d'en faire un commentaire pour E-litterature.
J'ai composé tout cela sans prétention d'être exhaustif. J'ai sûrement omis des oeuvres de valeur comme celle de Edmond Michelet qui a fait l'objet d'un feuilleton télévision. Je ne veux blesser personne et m'excuse par avance de mon ignorance.
Je veux interpeller et je trouve que les grandes oeuvres de guerre sont étrangères:
Quel est est le grand roman de la résistance française? J'espère que les lecteurs d'E-litterature sauront répondre à cette question impertinente de mon ami étranger. Pour ma part savez-vous ce que j'ai conseillé? J'ai choisi le livre de poche de Gilles Perrault "l'orchestre rouge" parce qu'il réussit mieux que les autres à rendre compte de la terreur véritable qui a dominé "ces années de plomb".
Il parait que M.Max Gallo est en train de tenter d'écrire sur le sujet. Souhaitons lui bonne chance! C'est un admirateur de Victor Hugo. Sans doute puisera-t-il dans "Les Misérables" un modèle qui au début du deuxième millénaire, avec un recul de plus d'un demi-siècle, saura l'inspirer pour croiser les destins des personnages?
En effet la 2° guerre mondiale inverse toutes sortes de destins. Des héros de la première guerre mondiale deviennent des collaborateurs, et rejoignent des ouvriers tels que Doriot et Léon Jouhaux. Toute la composition de classe qui avait été héritée du front populaire en est renversée. Max Gallo qui avait commencé d'étudier cette question en campant plusieurs génération aux opinions opposées dans son grand roman sur l'histoire de Nice "la baie des anges", saura certainement inventer la famille française dont les affrontements seront ouverts sur notre nouveau siècle. Il nous manque deux frères comme les Thibault et un père et un fils qui se haïssent comme dans Georges Duhamel.
La tentative d'Aragon sur cette période qui est le roman au titre de "Blanche ou l'oubli" date de 1967. Il m'est apparu en 2002 comme une antithèse avec ce titre si gênant qui désigne le phénomène général d'amnésie qui a couvert cette période. L'opinion dans sa majorité n'a-t-elle pas basculé en faveur du communisme qui certes pendant la guerre a peut-être sauve plus de vie qu'il n'en a tue tandis qu'au total, comme l'histoire l'a démontré depuis, le communisme a produit plus de morts que le nazisme?
Mélèze
11/2002