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Pierre d’attente, poèmes de Didier Gambert

Recueil paru aux éditions Sans Escale

samedi 10 décembre 2022 par Françoise Urban-Menninger

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Ce recueil de poèmes sous-titré entre parenthèses "Eléments d’un discord" renvoie à la dissonance, on pense au piano discord, mais aussi à la plateforme de communication en ligne dédiée aux jeux. Car c’est dans un entre-deux, entre soi et la "Transcendance en soi" que naît la poésie de Didier Gambert, elle est "cette musique qui grandit comme un arbre dans la liberté du ciel" selon la définition donnée par Jean Starobinski dans "La beauté du monde". Didier Gambert semble lui faire écho quand il écrit "Engandine près des sources/ en plein ciel disparaître/ happé par la hauteur/ avec ce cri le bleu".

Dans cette "Transcendance de soi", le poète converse avec lui-même, il écrit "Et tu te disais très exactement/ je suis entre deux eaux", alors qu’il se trouve au sens propre entre l’Inn et la Donau. Mais n’est-ce pas le lieu même de l’écriture que cet entre-deux ?
Didier Gambert répond à cette question "se tenir hors/ hors du cercle où chemine toute vie en rond à l’heure éternelle de/ la promenade/ toujours en rond/ se tenir hors".
Mais "se tenir hors", c’est être seul, c’est affronter la "Peur des mots" et l’indéfectible "blessure d’être".
Car l’ailleurs dont parle le poète n’est autre que cette quête de soi qu’il évoque et invoque : "te voici prêt/ à toutes les explorations/ nommé grand aventurier du vide intérieur".
Nul doute que Didier Gambert use et abuse de l’auto-dérision qu’il manie à l’envi !
"Se tenir hors", voilà la clé de ce discord avec le dehors dont le poète se sent exclus "L’applaudissement discret des feuilles du frêne/ quand le vent passe/ quel spectacle la nuit se donne-t-elle encore/ auquel je ne suis pas convié".
Et pourtant quelle magnificence dans l’écriture de Didier Gambert qui nous offre depuis "...la pointe occidentale de la terre d’Europe" jusqu’à son moi intime, des images belles à couper le souffle "Boire à même l’ombre comme à une gourde d’eau fraîche/ quand le soleil mordille ou transperce", ou "Le col bordé de l’hermine des nuages" et et encore "la lumière verte/ héraldisme du houx luisant dans l’ombre".
Nul doute que Didier Gambert possède l’art de "sculpter le silence" à l’instar d’Eugène Guillevic qui définissait ainsi la poésie.
Le titre du recueil de Didier Gambert "Pierre d’attente" fait songer immanquablement à celui d’Yves Bonnefoy "Pierre écrite", chez l’un comme chez l’autre, on devine le rapport avec la mort qui travaille l’obscur chez le poète. Et l’auteur d’évoquer son ombre "Portée/ mon ombre sur les galets/ les ossements bleus de la terre", car "déjà hors de soi", Didier Gambert est de l’autre côté des mots...Rappelons qu’il existe sur l’Ile d’Yeu des "pierres d’attente" où les porteurs déposaient temporairement les cercueils afin de se reposer...Ces "pierres des morts" sont des reposoirs, elles sont en attente de notre finitude que Didier Gambert aborde tel un "exil" "là où les mots ne pèsent/pas"...

Françoise Urban-Menninger



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