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Lents ressacs, poèmes - Myette Ronday

Recueil paru aux éditions Sans Escale

vendredi 26 avril 2024 par Françoise Urban-Menninger

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Dès le premier poème, l’on sait que nous passerons de l’autre côté des mots à travers "cette faille du temps" où "La pensée zigzague entre deux mondes". Pour zigzaguer, Myette Ronday a choisi d’entrer en poésie et de s’abandonner "au fluide musical" de ses vers qui telles des vagues fluent et refluent. Autrement dit, l’autrice va se laisser pénétrer et traverser par la musique du monde à l’instar d’une plage envahie par les vagues.

C’est ainsi que ses pensées voyagent, "ne cessent de dériver, de sillonner le monde/ qui est le nôtre ou qui aurait pu l’être".
En lisant ces poèmes, on songe à Virginia Woolf et aux pensées vacillantes, plongeant jusque dans les tréfonds insondables de l’être pour s’y enliser comme dans sa nouvelle La fascination de l’étang qui joue sur le glissement de l’eau sur elle-même sans jamais toucher le fond.
Nul doute que cette fascination de celui ou de celle qui transcende les apparences du miroir où se reflètent les pensées, s’est imposée dans le regard de l’autrice qui évoque, toujours à l’instar de Virginia Woolf, "de grands cercles concentriques dans le silence".
L’eau est source de poésie et de mémoire, elle s’accorde comme la danse à "l’écriture du corps", "repoussant les marges" jusqu’à ce "...regard qui porte/ l’esprit hors de lui-même". Mais inévitablement comme pour les vagues, une pensée vient toujours recouvrir l’autre et les vagues comme les pensées finissent par se heurter générant "la page du ressac" où les unes et les autres se retournent brutalement sur elles-mêmes.
Myette Ronday aspire à "N’être qu’une vague parmi les autres", autrement dit à entrer en symbiose avec la musique du monde qui la porte dans ses écrits et qui pourrait l’emporter au-delà de sa mort pour entrer "dans cette grande lumière mêlée". L’autrice se sent "prête à disparaître" telle une âme qui ne serait autre qu’un fragment de l’âme du monde comme l’imaginait Spinoza. Cette fusion de l’esprit et du corps désincarné avec les éléments liquides nous ramène à cette intuition de l’instant ainsi nommée par Gaston Bachelard dans une quête de l’harmonie préétablie afin d’en saisir la quintessence et de l’éterniser
Myette Ronday signe avec Lents ressacs un opuscule lumineux dont l’écriture, empreinte d’une rare magnificence, nous invite à laisser flotter nos pensées dans des inflexions mélodiques sur cette mer des origines où nous ne cessons de renaître l’âme à la vague.

Françoise Urban-Menninger



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