Jean-Pierre Otte
Amélie Nothomb
Yannick Haenel
Giuliano Da Empoli
Marie Semelin
Saghi Farahmandpour
Julien Gracq
Agnès Desarthe
Jean-Pierre Otte
Akira Mizubayashi

26 ans !

Accueil > LITTERATURE > Brèves de lecture > Ton nom de Dépossédé - Pierre Personne

Ton nom de Dépossédé - Pierre Personne

Recueil publié aux Editions EDBH, Collection balades en poésies

samedi 19 septembre 2026 par Françoise Urban-Menninger

Pour imprimer


Les poèmes écrits dans "l’urgence poétique d’un journalier du temps qui ne passe pas..." sont tous précédés d’une citation qui invoque d’autres poètes tels Georges Perros, Didier Cahen, Andrée Chedid, Jean-Claude Walter, Sylvie Reff, Pierre Reverdy, Maurice Carême et bien d’autres ... Car c’est peut-être dans l’errance poétique que l’on peut accéder à l’être, voire à l’humanité dans ce que l’auteur appelle "le Royaume et la Demeure".

"Où est le pays promis à l’homme", interroge Victor Segalen en exergue d’un poème et Pierre Personne qui signe ce livre qu’il ne fait que traverser, à l’instar de sa vie qu’il qualifie de "mauvaise fable", répond avec tendresse à ses enfants jamais nés que "déjà les jamais rassasiés/ ne cessent de déposséder/ tous les exploités" .
Dans la lignée de ses derniers livres Zone blanche et Le Nom perdu de l’Homme ( Les Impliqués 2023), l’auteur tente de résister "face à la guerre perpétuelle faite à l’humain" .
Mais le poète, loin de se résigner, s’écrie "ose enfin le monde que tu veux/ avant d’être mis hors-jeu", car "tu sais qu’en chaque homme de peu/ s’ébat une rose de feu/ son éclat dénoue les destins/ quand tu manifestes son Dessein ... "
Cette "rose de feu" ouvre le champ, voire le chant des possibles dans une écriture poétique qui se fait incantatoire à l’instar de celle d’ Aimé Césaire.
Le poète scande ses vers dans un silence assourdissant où "les fauteurs de guerre/ nous précipitent en enfer" .
Alors, encore une fois, le poète s’interroge " et si on leur reprenait notre terre/ pour rallumer la lumière ? "
Nul doute que ce petit recueil où l’on devine la silhouette d’un penseur solitaire sur la belle couverture signée par Aude de Kerros qui exprime selon le poète "les états et couleurs d’une âme qui n’en finit pas de naître" et très certainement de renaître dans le poème, nous offre l’image visionnaire " d’une course à l’abîme" mais Pierre Personne de nous rappeler que "ce que tu es doit advenir". C’est ainsi que le poète nous octroie la part belle de son jardin d’écriture pour réenchanter ce qu’il nous reste d’un monde en perdition.
Dans Midi au jardin, le poète s’abandonne au lyrisme, la poésie l’emporte au-delà de "la valse des pantins" pour nous donner en partage des vers lumineux qui font danser la rime en toute liberté " tu es partout chez toi/ là où t’installe la joie/ ta demeure se déploie là où tu vas" et plus loin, le mot de la fin signe cette ode au bonheur simple d’être au monde "midi dans l’haleine des pommiers/ laisse le dernier mot à l’inespéré."

Françoise Urban-Menninger

Copyright e-litterature.net
toute reproduction ne peut se faire sans l'autorisation de l'auteur de la Note ET lien avec Exigence: Littérature

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


©e-litterature.net - ACCUEIL