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Vingt-quatre images - Ça prend. Art contemporain, cinéma et pop-culture - Fabienne Radi
lundi 13 mai 2013 par Jean-Paul Gavard-Perret

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LES RADICALITéS DE FABIENNE

Fabienne Radi « Vingt-quatre images », www.fabienneradi.ch, 2013.
« Ça prend. Art contemporain, cinéma et pop-culture », Editions du Mamco, 224 pages, 26 CHF / 22 euros, 2013.

Sans connaître l’issue de son propre mystère Fabienne Radi ; magicienne des mots, des traces, des images, pénètre dans « 24 images » sa propre intimité avec humour et par recours au cinéma. Elle réinvente à sa main et à travers ses objets des films tels Kill Bill, Twin Peaks, Les Demoiselles de Rochefort, les dents de la mer, etc. Bref des films cultes deviennent sa demeure chaque fois réinventée. Moyennant quoi elle enchâsse sa propre histoire dans la grande question du secret, de la généalogie du cinéma. Cette relation se constitue en espace de tension entre « autoportrait » et indices du connu et de l’inconnu. De la sorte, elle pose et repose la question de savoir qui elle est, qui est le sujet du sujet.

Les interrogations de la créatrice portent souvent sur les questions de l’image. Ici à la manière d’une Sophie Calle - mais avec moins de stratégie délibérément voyeuriste - la recherche du lieu porte vers quelque chose de trouble et de troublant. Elle pénètre en inconnue dans la maison « les dents de la mer » comme celle de la mère. Il y a là – et par la pratique - une submersion et un moyen de casser nos illusions « d’optique ». Dans « Ça prend. Art contemporain, cinéma et pop-culture » cette subversion passe par l’analyse. Dans les deux cas l’espace filmique est dé-spatialisé afin d’accéder au statut d’une expérience. Les lieux hantés par Fabienne Radi acquièrent la troublante souveraineté de la hantise, l’efficacité d’un lieu de mémoire - même si ce n’est pas la sienne, même si ce n’est pas la nôtre – du moins a priori.

Tout compte fait, au sein du secret ou de ce qu’on prend comme tel, l’artiste produit une œuvre au statut particulier par ses frottements temporels et cinématographiques. Ayant à faire au motif autobiographique Fabienne Radi refuse simplement de parler d’elle. L’histoire de l’œuvre est donc l’histoire d’une accession à soi par l’intermédiaire de l’autre. Ne camouflant rien son projet est à l’opposé d’un dégrafage voyeuriste. Il n’en demeure pas moins que l’artiste et auteure n’a cesse de s’exposer. De la multiplicité de ses facettes surgit un être sensible, drôle qui sait toujours oser. Elle oriente notre manière de voir, nos façons de vouloir transgresser des secrets (qui ne sont pas les bons) et capte nos propres réactions par rapport à nos illusions « d’optique ». « 24images » est par excellence l’ouverture dans l’esprit et dans l’affect. Le livre ouvre le mot « venue » où il y a vue et nudité. Il fait parler aussi des voix qui se sont tues mais qui par le cinéma reste des échos stellaires. C’est le visible dans l’adieu, l’adieu qui n’a d’yeux que dans le visible - n’en déplaise à Dieu.

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