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Mulholland Drive : entre hommage et parodie
dimanche 21 novembre 2010 par Berthoux André-Michel

Mulholland Drive : entre hommage et parodie

Dans ce film, David Lynch rend un hommage à de grands réalisateurs qui ont su, malgré la forte pression des studios, demeurer indépendants. Je pense bien sûr à Hitchcock avec notamment des emprunts à la fois esthétiques et thématiques à des films comme « Les oiseaux » et « Vertigo », mais également à Mankiewicz et à son incontournable « All about Eve », sans oublier le petit clin d’oeil, mais non moins à propos, fait au « Sunset Boulevard » de Billy Wilder.

L’image du double inversé, reflet envoûtant d’un miroir diabolique, l’illusion abyssale du rêve hollywoodien, le désir mimétique exacerbé, poussent au suicide l’être sincère qui prend finalement conscience que la boîte bleue, telle la boîte de Pandore, a laissé échapper tous les maux mais a retenu prisonnier l’espoir.



Cependant, David Lynch nous révèle également, sur le ton de la parodie, histoire d’embrouiller un peu plus le spectateur, toutes les autres influences cinématographiques qui l’ont nourri et aidé à construire son propre imaginaire, manière de nous montrer l’illusion à laquelle il a lui-même succombé. Tout le registre des films de genre y passe : la comédie musicale, la comédie sentimentale, le western, le burlesque, le film noir, … Le cinéaste, avec ses lunettes noires à la Godard, manipulé, cocufié, ruiné, les producteurs italiens grotesques, l’actrice recommandée dont le seul talent est d’avoir des atouts visibles, le tueur à gage digne du meilleur des frères Coen, contraste avec la destinée tragique de cette jeune fille débarquée de sa province natale incapable de jouer un autre rôle que le sien et de voir la réalité autrement que ce qu’elle est. DL n’a jamais été aussi ambivalent avec son cinéma.





Cette ambiguïté qui transparaît ne semble pas être destinée à tromper le spectateur et usurper son émotion par quelques artifices auxquels le réalisateur nous avait habitué, mais révèle plutôt chez celui-ci un sincère trouble émotionnel à ne pas choisir. Nous pouvons y voir la fin tragique et émouvante de cet être qui finira par constater dans une trop grande lucidité l’échec sordide de son existence ou tout simplement la simple farce de la vie dont le cinéma nous donnerait toujours de manière éphémère et fragmentée la représentation à rire, comme la danse macabre, et les automates, l’avaient déjà mise en scène dans « La règle du jeu ». Du très grand art et pour la première fois véritablement du grand Lynch.

André-Michel Berthoux@Juillet 2003.

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