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Le marché des amants, Christine Angot

Editions du Seuil, Fictions & Cie, 2008

vendredi 17 octobre 2008 par Alice Granger

Dans son nouveau roman, Christine Angot évoque une phrase prononcée par son père, à laquelle le titre fait allusion : « sur le marché des amants un Noir vaut moins qu’un Blanc. » Schwartz, le nom que Christine Angot portait avant d’être reconnue par son père, signifie « Noir ». Alors, Angot cela signifie « Blanc » ? Et « Blanc », est-ce que cela signifie « Père » ? Est-ce que, pour une fille, cela vaut mieux de faire prévaloir ce que lui fait le père sur ce que peut lui faire un amant noir ? Quels avantages Christine Angot tire-t-elle du fait d’avoir été une fille violée par son père, par-delà sa souffrance de ne pas pouvoir protéger par le refoulement la scène répétée tant de fois ? Le scandale ne serait-il pas celui d’un impossible refoulement, du manque du voile de l’amnésie infantile ?

Avec Doc Gynéco qui devient son amant, comment la phrase du père se vérifie-t-elle ? Bruno Beausir, est un métis, en lui Noir et Blanc sont fusionnels. Mais le Noir semble l’emporter sur le Blanc. Dans le roman, Marc l’homme blanc et appartenant au bon milieu intellectuel entre en scène par rapport à l’homme noir Bruno (même son prénom fait allusion à la couleur de sa peau) appartenant au milieu de la banlieue et de la rue où il s’agit de se battre. Le nom d’artiste du rappeur Doc Gynéco évoque de manière directe la gynécologie, le spéculum, le sexe des femmes, le Doc allant dans sa pratique « examiner » la série infinie de sexes féminins. Il n’y a pas un sexe en particulier qui puisse l’arrêter. Même si Christine Angot, toujours très fusionnelle, et habitée par la peur, cherche à lui arracher l’assurance qu’il ne l’abandonnera pas.

Toute la question est de savoir ce que cela signifie, Blanc. Le changement de nom de Christine, à l’adolescence, a pour conséquences d’une part le viol de la fille par son père, ce qui la « salit », et plus exactement la « noircit », souligne le nom Schwartz et toute la honte de la fille pour le milieu maternel non intellectuel d’où elle vient, et d’autre part par la légitimation l’entrée dans le milieu intellectuel de ce père qui parle vingt-quatre langues et l’emmène avec lui, l’initie à la culture, au bon goût, au bon milieu. Bref, ce père tout à la fois la noircit et la blanchit, la renvoie au milieu noir d’où elle vient par l’acte honteux de l’inceste et l’introduit dans le bon milieu. La honte ne serait-elle d’ailleurs pas fonctionnelle par rapport à la jouissance folle de la fille de se sentir à ce point être corps et cerveau la femme de son père ?

Il provoque dans sa tête, par l’acte incestueux, une sorte de saccage par la honte, et en même temps il y pénètre aussi en l’initiant aux richesses de la culture, du savoir, de l’art, il l’emmène avec lui, partage avec elle les délices des jouissances sophistiquées de l’intellect. Elle est installée par son père dans le « bon » milieu, celui que Doc Gynéco qualifie de gauche caviar. Don Gynéco, le brun de peau Bruno, s’aperçoit parfaitement que le sexe et le vagin de Christine, c’est-à-dire cette voie d’entrée dans la vie de cette amante au nom connu, c’est aussi une tête : c’est par cette tête, en étant femme de lettres, écrivain, sachant faire avec les mots, la langue, qu’elle est tirée vers le masculin, vers la garçonne, vers celle qui en a, elle est pourvue de culture (elle doit ça à son père), elle est au sein du bon milieu, elle est au sein d’une reconnaissance de son nom d’écrivain, Bruno lui lance qu’elle n’a jamais eu à se battre. Dans cette expérience avec le Noir Bruno, c’est elle, la femme, qui en a, et lui, l’homme, qui n’en a pas, qui, lorsqu’elle l’emmène dans son milieu à elle d’écrivain, n’a pas les bonnes manières, les bonnes références, les bons intérêts, les bons comportements, il se sent en situation d’humiliation, de noircissement, bref de castration. En même temps qu’elle semble lui donner accès au « bon » côté des choses, au bon milieu, comme elle-même petite fille rêvait sans doute de changer de milieu c’est-à-dire de sauter dans celui de son père, en même temps qu’il lui semble avoir le pouvoir de l’introduire dans ce milieu qui regarde de travers celui qui n’est pas des leurs, elle le confronte à la castration. C’est elle qui est pourvue, pas lui. Garçonne d’aspect.

C’est très étonnant comme dans cette aventure de Christine Angot avec Doc Gynéco, comme dans cette rencontre d’exception, Christine Angot se trouve faire avec son amant noir comme son père fit avec elle.

Elle en place de son père, tout aussi munie de bonne et fabuleuse culture que lui. Et comme, aussi, faisant les choses dans son dos à lui. C’est-à-dire que, quand même, c’est toujours l’amant noir d’exception, grand artiste, qui doit venir de son côté à elle, chez elle où il est comme chez lui quand il veut il a la clef (mais un jour elle la lui reprend à son insu, lorsque du côté de l’homme blanc Marc quelque chose pourrait aller plus loin) : il y a ce préjugé selon lequel le milieu défavorisé de Bruno, celui d’où il vient, doit être réparé, le milieu favorisé, ici le milieu littéraire et intellectuel, étant la référence. Même si, à moto derrière Bruno, Christine se laisse emmener la nuit par exemple dans la banlieue à risque d’où il vient. A aucun moment, elle si fusionnelle, par-delà le fait qu’elle se laisse traverser par la musique et la poésie qu’il lui fait découvrir et goûter, elle ne se laisse vraiment emmener par lui. C’est elle, la tête. Lui, en quelque sorte, il devrait aussi changer de nom, se blanchir. Or, lui est déjà un métis. Le « Blanc » est déjà quelque chose d’inscrit dans sa biographie. De sorte que, j’imagine, la tête qu’est Christine Angot, vraie tête de spermatozoïde qui n’a qu’une obsession, celle d’aller la perdre à l’intérieur de l’ovule noir pour s’enlacer de manière fusionnelle avec sa chaîne d’ADN, en laissant le flagelle dehors, ne peut pas vraiment pénétrer en lui, violer son intérieur, faire quelque chose dans son dos, le procréer acceptable dans le bon milieu, le refaire comme le père avait refait intellectuellement sa fille afin qu’elle soit reconnaissable dans le bon milieu supérieur. Le métis Bruno a déjà sa Blanche en lui. Comme s’il était, par-delà la dureté inimaginable de la vie à batailler sans cesse en banlieue à risques où règne la non-loi, le fruit vivant de la victoire d’un Noir sur une Blanche, la preuve incarnée qu’un Noir a réussi à se faire agréer par une Blanche. Peut-être Bruno Beausir alias Doc Gynéco a-t-il pu échapper indemne de l’enfer de la rue, de la drogue, de la délinquance, parce qu’il se savait intimement agréé par la Blanche, par-delà les apparences venant démentir cela. La réussite de Doc Gynéco comme artiste ne viendrait-elle pas de l’énergie que cela donne d’avoir aussi du sang blanc dans les veines ? Doc Gynéco ne serait-il pas le nom prouvant qu’un Noir sut trouver la voie étroite pour entrer dans la Blanche, un acte conséquent puisqu’il donna naissance à un métis ? Pourquoi la bataille pour vivre de Bruno, requérant au jour le jour tellement d’intelligence stratégique, de défenses immunitaires, d’apprentissages pour échapper au danger d’anéantissement, dans cette zone de non-droit, ne pourrait-il pas constituer le paradigme par lequel Bruno, enfin, en aurait ?

Christine Angot est invivable tellement elle est tyrannique dans cette inquiétude permanente qui veut des preuves de son amour pour elle, lui il disparaît dans sa vie en apparence chaotique, inconnue, infidèle, il promet de rappeler tout de suite et ne le fait que plusieurs jours plus tard, elle, elle l’envahit de coups de téléphones, de textos, de son amour, comme si elle voulait l’exclusivité. Comme si elle cherchait en permanence à entrer dans sa tête et son corps. Ceci en ayant une alternative en Marc. Qui, lui, a aussi sa vie conforme, de son côté, et ose lui dire qu’il a passé de très bonnes vacances en famille, sans penser à elle. Christine Angot nous semble incroyablement dérangée, inquiète, torturée, chaque fois qu’elle se rend compte que l’autre, par exemple des amants, n’est en vérité pas totalement envahi d’elle dans tous les aspects de sa vie, alors qu’elle, curieusement fusionnelle, cherche à en avoir sans fin les preuves. Comme une tête de spermatozoïde qui n’a de cesse d’entrer dans l’ovule (la vie d’un autre) et d’aller s’enlacer avec une chaîne d’ADN célibataire. Or, ce roman fait la preuve que la tête de Bruno, et celle de Marc, ne se laissent pas « violer », envahir, refaire. Le spermatozoïde à tête de garçonne reste dehors. C’est très inquiétant, très… castrateur.

Il y a dans ce roman, comme dans chacun des romans de Christine Angot, un axe fixe, un dispositif sacré, auquel il ne faut pas toucher. Christine et sa fille Léonore. Une mère et sa fille. La mère a sans doute sa vie sexuelle, amoureuse, voire scandaleuse, qu’elle vit en même temps qu’elle l’écrit, très libre, très exigeante, très envahissante, très exclusive, très fusionnelle, poursuivant jusqu’au bout le partenaire de l’aventure dans l’espoir, on imagine, de trouver l’homme de sa vie, mais ceci sans jamais déranger l’autre aspect de cette vie, celle d’une mère avec sa fille chérie, qu’elle semble ne pas quitter des yeux, fusionnelle surtout avec elle. Comme si à sa fille à elle, elle devenue mère avait le pouvoir d’offrir le bon milieu là où, autrefois, sa mère ne pouvait pas même si, quand même, elle avait réussi à se faire distinguer par cet amant brillant, distinction dont la preuve est cette fille qui naquit de l’idylle. Mais mettant en relief la relation privilégiée, l’unique, irrenonçable, celle de la mère avec sa fille, cette fille obtenant de sa mère tout ce que la mère d’autrefois n’eut pas les moyens de lui garantir, une sorte de ventre intellectuel dont ne pas avoir honte puisque « gauche caviar ». Sauf, bien sûr, que l’écriture de Christine Angot n’est peut-être pas tous les jours de tout repos pour la fille Léonore…, cette fille qui, elle, est née d’un couple légitime mais d’un père qui ferma les yeux sur l’inceste qui se passait dans la chambre au-dessus de sa tête.

En tout cas, tout en semblant vivre de manière fusionnelle ses rencontres amoureuses, la mère qu’est Christine Angot nous semble retenue, perdue, dans la contemplation de la fille qui est son miroir à elle, celle qu’elle aurait voulu être, on suppose, mise à l’abri par sa mère par-delà les aléas d’une écriture dérangeante.

Par ailleurs, l’écriture ne fait quasi aucune allusion aux réactions de Léonore par rapport à la vie de sa mère, notamment que l’appartement soit souvent le lieu principal de vie des rencontres amoureuses et sexuelles de sa mère, les amants se faisant comme pères successifs, entrant même dans la chambre de la fille, se penchant sur ses devoirs, baisers du soir. Peut-être les bénéfices secondaires sont-ils énormes, la notoriété, voire le nom, Angot, de sa mère, faisant ventre irrenonçable ? Un jour que Bruno va au cinéma seul avec Léonore, tandis que Christine a autre chose à faire, il va faire un geste très déplacé : mettre sa main sur la cuisse de l’adolescente,et même tenter de la faire glisser plus haut, l’air de rien. Bruno, qui est beaucoup plus jeune que Christine, est fidèle à sa vie sexuelle de toujours, très libre, et cette jeune fille là à côté, il la voit, sexuée, il n’est pas son père donc ce ne serait pas incestueux même s’il a une histoire d’amour avec la mère, et si c’est possible avec une femme de quinze ans son aînée pourquoi cela ne serait-il pas possible avec une fille de quinze ans plus jeune que lui on imagine, là tout près, semblant offerte. En tout cas, au cinéma, Bruno voit à côté de lui une fille non protégée par sa mère, et son geste fait mine de désacraliser ce qui est sacré. Lorsqu’elle apprend, de la bouche de sa fille, ce que Bruno a osé tenter, Christine est immensément chamboulée. Ce qui est clair, c’est que Bruno ne doit en aucun cas s’emparer de sa fille. En un éclair, elle se rend compte que c’est elle qui a quasiment offert sa fille à Bruno. Comme sa mère à elle l’avait offerte à son père ? A la place de mère, aurait-elle reproduit vis-à-vis de sa fille le geste de sa mère ?

Ou bien : un Noir, avec sa vie chaotique, ne se reconnaissant pas les bons comportements, les interdits, ne peut pas « noircir » sa fille, tout en la reconnaissant dans sa valeur sexuelle attisant le désir ? Cette mère a-t-elle d’autres ambitions, blancs, pour sa fille ? Vient au premier plan le discours de la mère sur sa fille, qui sait pour elle, notamment lui signifier les dangers à éviter, quitte à la mettre pour cela en danger. Le discours de la mère de Christine, derrière celui de Christine en place de mère. Qu’on imagine consciemment ou inconsciemment plein du père Angot, l’amant Blanc, du bon milieu intellectuel, riche, qui en puissance sait littéralement modeler le cerveau intellectuel de sa fille qui deviendra entre ses mains à son image. Il y a, il me semble, en puissance cette idée d’un père qui sait prendre en mains sa fille, imprimer dans son cerveau la bonne initiation, culturelle, linguistique, passeport pour le bon milieu. Par rapport à cette idée, bien sûr Bruno ne convient pas, surtout que c’est maintenant la mère, elle-même devenue par son père « intellectualisée », qui a le pouvoir de bien « former » le cerveau de sa fille, on imagine.

C’est la mère qui conduit sa fille Christine adolescente à son père, en gare de Strasbourg. Mais depuis son plus jeune âge, on imagine que dans la parole de sa mère Christine est fille de l’amant Blanc, l’intellectuel brillant qui peut littéralement la refaire en pénétrant encore plus dans sa tête que dans son corps. La parole de la mère à la fille, pleine du père brillant et de bon milieu, est déjà envahissante dans le cerveau de la fille, l’a déjà pénétrée, façonnée. Peut-être est-ce pour cela que la fille violée par son père laisse l’acte se répéter, sans jamais chercher à s’y soustraire. C’est que la « valeur » de ce père avait déjà depuis longtemps pénétré sa tête par la parole de la mère, qui est parole sur l’amant blanc, et la supériorité du Blanc sur le Noir, de l’homme brillant intellectuel de bon milieu sur l’homme du mauvais milieu. L’homme Blanc a le pouvoir de faire changer de milieu. Alors, il s’agit de rester entre ses mains, pour se faire transporter. En un éclair, Christine Angot n’aurait-elle pas vu sa fille être happée par le mauvais milieu ? Par le mauvais garçon ? Lui échappant donc, elle intégrée, même de manière sulfureuse, dans le bon milieu intellectuel et ayant donc le pouvoir de « nourrir » convenablement le cerveau de sa fille comme autrefois son père fit avec elle. A propos de l’inceste commis par le père sur sa fille, ne faudrait-il pas poursuivre plus loin la réflexion ? Ce père a raté sa fille bébée, il n’a pas eu son petit corps entre ses mains comme on peut voir les pères aujourd’hui jouir de s’emparer de leur petit bout de femme en imaginant qu’ils ont le pouvoir de lui faire toute sa vie de paradis, et les apparences sont sauves puisque cela ne paraît en rien sexuel, mais le plaisir surgissant des mains du père sur le petit corps de leur fille n’est-il pas infini ? Le père Angot, lui, sa fille lui est présentée alors qu’elle est adolescente, mais n’est-ce pas comme si c’était ce petit bout de femme sur lequel le père projette massivement tout son désir de lui « faire » toute sa vie ? Alors, là où un père en présence du corps bébé de sa fille a le même désir de toute-puissance sur lui, ce qu’il ne peut satisfaire à fond du désir de sa femme il peut le réaliser sur sa fille, le père Angot en présence de sa fille adolescente qu’il rencontre pour la première fois en gare de Strasbourg ne le vit-il pas de la même manière ?Alors, cela se passe sur un plan plus ouvertement sexuel, il la prend, la viole, la pénètre, s’empare d’elle, de son corps bien sûr mais ne serait-ce pas comme d’un corps de bébée fille, et surtout de sa tête, de son cerveau, qu’il initie à la bonne culture il ne faut pas l’oublier car ce « détail » a été essentiel pour l’écriture de Christine Angot. L’inceste commis par le père sur la fille scandalise, et a été vécu comme un viol par cette fille, parce que c’est un acte totalement déplacé dans le temps : elle l’a vécu à l’adolescence là où chaque fille le vit « légitimement » à l’âge bébé où le corps se laisse envahir des mains et désirs sur lui. Christine Angot est d’une fierté terriblement jalouse pour cette brillance culturelle du père passée en elle. De cette manière, elle est fille « pourvue » de la même puissance que ce père, d’où cette apparence curieusement garçonne. C’est elle qui est une tête bien faite. Qui peut emmener Bruno dans le bon milieu. C’est elle qui a le phallus, et Bruno non, il doit se laisser pénétrer, envahir, procréer, toute la richesse dont il a été privé dans la rue où il a grandi c’est elle qui peut maintenant la lui offrir. Or, Christine Angot, dans cette histoire d’amour qu’elle vit et écrit, est sans cesse saisie de peur, de très grande inquiétude, parce qu’elle soupçonne sans arrêt que ce n’est pas possible, parce qu’elle a en face d’elle un garçon même si elle inverse en permanence la différence sexuelle par le fait que le phallus, c’est elle qui l’a ou même c’est elle qui est le phallus. Ce que ce roman met de manière brillante à la lumière, c’est la résistance exceptionnelle de Bruno à cette sorte d’insémination culturelle cherchant à réparer un tiers exclu selon un critère d’appartenance. Or, Bruno ne cesse de prouver que c’est lui qui en a. C’est lui le garçon, et la femme garçonne dans une sorte de paranoïa littéraire vit littéralement dans la peur sa remise en question, et ne serait-ce pas son identité de fille qu’elle refoule désespérément alors que Bruno ne cesse de la faire revenir. Bruno en a, comme on dit, il sait se battre même dans ces zones de non-droit où il a grandi et a appris à déjouer les dangers infinis. La peur si omniprésente dans la vie amoureuse et littéraire de Christine Angot ne serait-elle pas suscitée à l’infini par cette résistance des amants à l’inversion de la différence sexuelle qu’elle tente en vain ? Tout cela traversant le fantasme d’une mère d’être une fille qui en a, mais qui, n’en ayant en vérité pas puisqu’elle est une fille, se répare à travers sa fille qui finalement « refaite » par son père en aura mais sans jamais arriver à coïncider avec la puissance que cela devrait lui conférer. Toujours, chaque amant ne fait-il pas revenir l’image de la fille, qui n’en a pas, ceci traversant le tableau en apparence tranquille de Christine avec sa fille qui en a une… de mère toute-puissante.

Alice Granger Guitard



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