Mariette Navarro
Jean Pruvost
Chantal Robillard
Louis Grall
Amélie Nothomb
Marc Villemain
Jean-Marie Rouart
Laurent Bayart
Antonio Lobo Antunes
Mokhtar Chaoui

21 ans !

Accueil > LITTERATURE > Les singes rouges - Philippe Annocque

Les singes rouges - Philippe Annocque
dimanche 22 novembre 2020 par penvins

Pour imprimer


Tout en légèreté Philippe Annocque part à la recherche de ses origines, souvenirs ou re-création, un peu des deux sans doute, il s’agit à la fois de ne pas dire ce qui n’a aucune importance pour le lecteur parce que personnel - Aller n’est peut-être pas la seule chose à dire - et de parler de l’essentiel ce paradis perdu d’où il est parti, qui n’existe pas et qui malgré tout est à l’origine de son histoire.
Le narrateur jusqu’à présent ne souhaitait pas parler de ses origines il répondait très vite lorsque l’on abordait le sujet, il bottait en touche. Ce texte sera donc abandonné au lecteur comme à contrecœur le narrateur se demandant en permanence si tel ou tel « souvenir » doit être laissé dans ce qu’il appelle la version définitive. Ce paragraphe il vient de le recopier tel quel de la version précédente. Ça lui évite les confusions de personne. Et bien entendu puisqu’il nous livre ces moments de sa vie ou de la vie de sa mère nous pouvons en conclure qu’écrire ce n’est pas seulement faire semblant d’écrire - tel un romancier pourrait-on dire - c’est aussi écrire comme on écrit des lettres dans la vie réelle pour parler de faits non fictionnels. Ce que Philippe Annocque est en train de nous dire explicitement dans un texte qu’il ne range pas dans la catégorie roman c’est que la littérature ne peut se passer d’évoquer la vie quotidienne, l’identité de l’auteur ne peut être exclue du champ de l’écriture, son origine ne peut être mise de côté. Bien sûr qu’il parlait d’autre chose en écrivant. Mais il parlait de ça aussi.
Ici donc l’auteur/narrateur pour parler de ses origines parle de sa mère, il se met à sa place à tel point qu’il est parfois difficile de déterminer de quelle histoire on parle, son identité ne peut être perçue autrement qu’inscrite dans un foisonnement d’identités dont le texte et la Martinique elle-même – celle d’autrefois ? - rendent compte.
Souvenirs de la mère et de la mère de la mère, des tantes. Les pères sont absents, « Son père c’était quelqu’un. » C’était quelqu’un en Guyane. En Martinique ce ne serait plus personne. ou Il sait que les pères ont manqué à ses parents. En dehors de çà, il sait très peu de choses. ou encore Il y a eu beaucoup d’enfants sans père, dans cette génération.
Les origines, l’identité pour le narrateur c’est donc la mère, peut-être ce qui lui fait dire qu’au début quand on lui demandait de quoi parlaient ses livres il disait « mauvaise conscience », maintenant il dit « d’identité ». À rapprocher, sans doute, de cet arrière-grand-père assassiné : On l’avait retrouvé chez lui, la tête à côté de son bol, sur la table.
Tout en légèreté ce texte répond bien à la définition de l’écriture littéraire esquissée par le narrateur : écrire c’est faire semblant d’écrire et ce faisant il en dit sans doute sur les singes rouges bien plus qu’il n’y paraît.



Livres du même auteur
et autres lectures...

Copyright e-litterature.net
toute reproduction ne peut se faire sans l'autorisation de l'auteur de la Note ET lien avec Exigence: Littérature

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?


©e-litterature.net - ACCUEIL