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Menace sur nos neurones - Marie Grosman et Roger Lenglet
lundi 31 octobre 2011 par Xavier Lainé

Le progrès se traduit parfois par un recul

Le progrès se traduit parfois par un recul

A propos de Menace sur nos neurones, de Marie Grosman et Roger Lenglet

Depuis si longtemps mes inquiétudes étaient là.

Bien sûr on me dira toujours qu’une inquiétude ne fait pas science, et pourtant, depuis trente ans, combien de gens atteints de sclérose en plaque, de scléroses latérales amyotrophiques, de Parkinson et autres Alzheimer sont-ils passés entre mes mains ?

Parfois si jeunes que leur âge venait bizarrement contredire l’idée répandue que ces maladies seraient le triste apanage des sujets vieillissants.

Logique, non ? Les progrès de la science nous maintiendraient en bonne forme de plus en plus longtemps, mais voilà, leur rançon se monnaierait en lourdes et accablantes maladies dites auto-immunes.

Sauf que de mon expérience je tirai soucis de voir des sujets de plus en plus jeunes touchés de ces étranges pandémies, quand ils ne cumulaient pas, les veinards avec quelque cancer plus ou moins en rémission, traités à lourdes doses chimiothérapiques. Parfois même ils avaient bénéficié des largesses des traitements antidépresseurs pour mieux faire passer la pilule d’une vie de plus en plus dégradée.

Arrivés dans mes mains, ils espéraient et espèrent encore, les bougres sans que je puisse même leur faire part de mes doutes.

Les articles ne manquaient pas qui soulevaient maintes questions. La disproportion des enquêtes épidémiologiques de pays à pays, ne pouvaient que nous alerter un peu plus.

Mais non, silence sur la ligne, et comme nulle structure professionnelle n’existe qui permette de se poser collectivement les questions, il ne reste plus qu’à demeurer seul, face au patient, ruminant la longue litanie des inquiétudes.

Je m’entends chaque jour dire que plus j’avance en mon métier, plus je suis obligé de constater que viennent s’échouer sur ma table tout l’épuisement d’un monde absurde.

Parfois, j’aimerais même pouvoir me tromper. Parfois même j’appelle encore de mes vœux un sursaut professionnel qui ferait prendre en compte notre environnement parmi les causes probables de ces troubles étranges, de plus en plus mal diagnostiqués, ou de plus en plus tardivement, ou parfois même aggravés alors que le diagnostic fut posé en temps et heure, avec ses traitements pires que le mal à la clef.

J’ai même accepté de siéger dans une Union régionale de Santé, en pensant naïvement que de tells questionnements y trouveraient leur place. Belle naïveté, pour de vrai.

Alors, je lis, je lis et tombe par hasard sur « Menace sur nos neurones », de Marie Grosman et Roger Lenglet et voilà que tout s’éclaire. Car ce que je croyais, venant du béotien que je suis, n’être que l’émergence d’un petit côté paranoïaque, se trouve tout à coup partagé. Je m’aperçois brutalement que je n’étais pas le seul à m’interroger : des scientifiques du monde entier, des épidémiologistes, des toxicologues sont allés fouiller dans le monde glauque de cette finance qui tient le monde au risque de commercialiser des poisons et de les répandre, dans l’air, l’eau, la terre, transformant notre jolie planète bleue en enfer neurotoxique, sans rencontrer la moindre opposition de nos gouvernants, eux-mêmes conseiller par des « experts » pour le moins partiaux.

Depuis si longtemps je clamais l’illogique d’un remboursement sans claire vision de ce qui était remboursé, alors que mes propres soins, qui n’utilisent aucun subterfuge se voient peu à peu bannis au nom de rigueurs économiques avec œillères.

Etrange comme les économistes dogmatiques de ce temps n’ont aucun regard sur ce qui fait mal !

Ce que médias et gouvernants mettent sous le terme de santé publique n’est plus que l’ombre d’elle-même car il s’agit moins de mener les enquêtes épidémiologiques et toxicologiques que de favoriser une « industrie du soin » dont la matière est constituée de pathologies avérées ou supposées, voire désormais inventer et permettre ainsi aux industriels de la chimie, de la pharmacie et de l’agro-alimentaire d’engranger de substantiels profits, sous couvert de pseudo agences indépendantes mais dont les experts émargent auprès de cette même filière.

Depuis fort longtemps je tente de faire entendre aux opposants à ce système la nécessité d’être très clair sur ce que l’on dit : la santé c’est ce que l’on a avant que d’avoir besoin de soins, et, hélas, dans l’escalade qui fut la nôtre depuis maintenant un siècle, nul n’en a plus cure, sinon quelques lanceurs d’alertes qui ont bien du mal, dans notre pays réputé démocratique, à se faire entendre.

Je ne vous livrerai pas toutes les informations contenues dans cet ouvrage, indispensable à la prise de conscience des enjeux qui se trament derrière ce qui reste du ministère de la santé et de ses agences régionales, mises en place par la loi inique d’une ministre dont la collusion avec les intérêts privés n’est plus à démontrer. Il faut tout simplement acheter, lire et faire lire ce livre.

Je me contenterai de faire mienne sa conclusion : « Nous avons maintenant les éléments en main pour sortir notre société neurotoxique de l’impasse terrifiante où elle s’est engagée. Mais il faudra pour cela que des forces citoyennes se mobilisent et contraignent les politiques à accepter la démocratie sanitaire qu’il faut bâtir ensemble. Cela passera forcément par une remise en question d’un système de santé exclusivement centré sur l’approche thérapeutique. Comme nous le notions avec André Aschieri, en 2000 : « nous avons hérité d’un système de santé entièrement tourné vers la médecine curative et n’accordant qu’une part ridicule à la prévention ; au point qu’on a pu qualifier le ministère de la Santé de ministère de la Maladie. » C’est un énorme défi. Nous savons aujourd’hui qu’il sera plus difficile à relever que celui de la révolution pasteurienne. Contre ceux qui le traitaient de paranoïaque et se refusaient à croire que des microbes invisibles étaient une menace omniprésente, Louis Pasteur a redéfini la médecine moderne et la prévention autour des notions de bactéries et de virus. Peu d’esprits étaient alors capables d’en évaluer les enjeux. C’est l’un des grands paradoxes de l’histoire de la santé publique que de devoir maintenant affronter les monstres économiques qui sont nés de cette révolution et s’en sont nourris. »

Xavier Lainé

Manosque, 30 octobre 2011

Marie Grosman et Roger Lenglet, Menace sur nos neurones, Alzheimer, Parkinson… et ceux qui en profitent, éditions Actes Sud, Questions de société, 2011, 22€ dans toutes les bonnes et vraies librairies.

 

 

 



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