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Je renaîtrai, Anise Koltz

Recueil de poèmes paru aux Editions Arfuyen

vendredi 21 janvier 2011 par Françoise Urban-Menninger

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Après "L’ailleurs des mots" et "La lune noircie", les éditions Arfuyen publient le troisième livre d’Anise Koltz. D’emblée le titre donne le ton à cet ouvrage écrit par une femme de 82 ans. La voix d’Anise Koltz nous vient d’un ailleurs qui porte en elle toutes les voix des disparus, elle est un cri, voire une injonction à défier la mort en la narguant car "notre corps/ est fait de tous les corps/ de la terre".

Anise Koltz porte en elle sa part d’humanité au sens propre du terme, elle est faite de la chair de ceux qui l’ont précédée à l’instar du poème qui porte en lui tous les poèmes :" Le poème n’est jamais seul/ il porte en lui/ tous les poèmes/ depuis le commencement/ du temps".

"Ce sang qui me traverse/ vient de loin, nous dit l’auteur et d’ajouter :" Mon corps est un lieu/ où rien ne meurt". Anise Koltz nous hurle sa souffrance et sa révolte de se sentir "à l’étroit" dans sa peau, elle se sent prisonnière de sa chair et finit par avouer : "Je tourne en rond/ depuis toujours".
La force de l’écriture d’Anise Koltz, c’est de transcender son destin personnel pour offrir la parole à une kyrielle de voix qui ne sont autres que celles de notre humanité qui hante notre inconscient collectif. La mort est présente dans chaque vers, elle est une compagne familière et quotidienne :" Dans mon corps de location/ la mort naît/ de ma vie".

La lucidité et l’auto-dérision confèrent une couleur particulière aux images étonnantes et parfois baroques que nous livre Anise Koltz :" Sur mon corps/ des marques d’anciennes civilisations", "des loups vivent en moi/ hurlant dans mes plaines enneigées".
Dans le même temps, l’auteur règle ses comptes avec Dieu comme dans "La lune noircie". "Dieu est un mirage cruel", écrit-elle et plus loin "Pour le tuer, il faudrait tous nous tuer".
Sous les mots d’Anise Koltz surgissent des visions drainées par le sang, le souffle, la mémoire du poète. Les mots la mènent au bord d’elle-même, sur cette lisière où naît le poème et ou elle nous confie :" Chaque parole/ est une part du monde".

Dans ce recueil, nulle consolation, nulle espérance mais cette constatation que "nous ne savons rien-/ nous pataugeons seuls/ dans l’obscurité" et de dénoncer cet état de fait dans une phrase concise et définitive "Nous sommes les crucifiés".

La voix singulière d’Anise Koltz ne peut manquer d’interpeller chacun d’entre nous. Chaque vers nous pénètre corps et âme, c’est là-même la puissance de cet auteur que de renaître à travers nous et de prolonger son cri dans le nôtre.

Françoise Urban-Menninger

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